Par Nadir Kadi
Le président du Mouvement de la société de la paix (MSP), Abderrazak Mokri, a animé hier une conférence de presse au lendemain de la «finalisation de la première étape» en vue des élections législatives du 12 juin. Le responsable du MSP, qui fait savoir que la collecte des signatures a été «facile», ajoute qu’elle place le MSP en «première place» en nombre de signatures. «La collecte a été plus facile qu’auparavant, nous avons constaté l’adhésion de la population.» Une étape face aux attentes des citoyens «dans 54 wilayas» qu’Abderrazak Mokri considère également comme un «examen» pour le mouvement politique, déclarant en taclant entre autres ses opposants : «L’action politique n’est pas de lancer des slogans ou des points de vue, ce n’est pas seulement d’avoir des relations dans la capitale (…) c’est au contraire d’avoir un parti avec des structures, d’avoir des militants et des volontaires».
Responsable politique qui affirme que le MSP n’a pas souhaité entrer dans une «course aux signatures face aux autres partis», autrement «nous aurions pu en réunir bien davantage», lance Abderrazak Mokri. Le président du MSP annonce ainsi que «le parti a réuni 95 350 signatures, ce qui remplit l’objectif que nous nous étions fixé». Quant aux signatures déposées auprès de l’instance indépendante des élections, Abderrazak Mokri explique que le nombre est de «79 849 formulaires de signatures, ce qui nous place également en première place» ; le nombre de signatures «acceptées» serait toutefois de «66 207» selon le même responsable. En ce sens, «le MSP qui a respecté les délais» voit d’un mauvais œil la prolongation décidée par la Présidence de la République. «Peut-être que la prolongation a eu des avantages pour certains, mais cela a aussi créé une inégalité entre les partis», a-t-il souligné. Le MSP aurait ainsi été empêché d’effectuer de nouveaux dépôts de signatures. «Nous avions encore plus de signatures, nous avons souhaité les déposer dès l’annonce de la prolongation, certains responsables dans les wilayas ont accepté, mais d’autres ont refusé au motif que nous avions déjà plus de mille formulaires déposés». Quant aux près de 15 000 signatures refusées par l’autorité de contrôle du scrutin, Abderrazak Mokri déclare : «C’est énorme (…) le motif dans plus de 9 000 cas a été que les signataires n’avaient pas de carte d’électeur. Mais en réalité ils avaient d’anciennes cartes sans être au courant de la modification des cartes». Une situation qui pose un «autre problème pour le jour de l’élection», anticipe Abderrazak Mokri. «Cela veut dire que nous avons un problème avec le corps électoral (…) Imaginons que le jour de l’élection, des citoyens se présentent et ne trouvent pas leur carte (…) Je rappelle qu’avec une élection à la proportionnelle, 5 voix de plus ou de moins peuvent faire la différence. Nous appelons à ce que ce problème soit pris en compte. Il faut qu’on puisse voter sans carte d’électeur, seulement avec une carte d’identité biométrique».
Conférence consacrée principalement aux «questions techniques» notamment sur la constitution des listes du MSP de façon «démocratique» et en privilégiant notamment les candidats «qui n’ont jamais été condamnés ou soupçonnés de corruption». La conférence du président du MSP a par ailleurs été l’occasion hier de lancer plusieurs messages politiques et idéologiques. Ainsi, saluant la nouvelle loi électorale, expliquant que «l’avenir de la politique en Algérie est basé sur sa capacité à faire émerger des partis démocratiques (…) capables de respecter les institutions, qui basent leur action sur le vote, le scrutin secret…», Abderrazak Mokri a ajouté, sans toutefois nommer les destinataires de son message : «Malheureusement, la mentalité du quota existe encore, il y en a encore qui compte sur l’Etat pour avoir un résultat politique.» Quant à la question des listes paritaires entre hommes et femmes, Abderrazak Mokri fait savoir que les listes du MSP proposent 30% de femmes : «Nous n’avons jamais été convaincus par les quotas des 50/50 eu égard aux spécificités de la société algérienne, mais nous avons travaillé pour arriver à 30%. Et le hasard a voulu que l’on soit dans l’exception dictée par la loi (…) J’anticipe que le gouvernement reviendra sur la décision des 50/50 lors d’élections ultérieures parce que cela est illogique».
Parti politique affirme n’avoir «pas pu se présenter dans deux wilayas In Guezzam et Tizi Ouzou». Le président du MSP a en ce sens estimé que «Tizi Ouzou vit une situation exceptionnelle, connaît un monopole, une atmosphère non démocratique». Et le responsable, pour Abderrazak Mokri, serait le «régime politique». «Il a géré les problèmes de cette région sur des bases fausses et depuis longtemps». Abderrazak Mokri ajoute dans la même logique qu’«il y a une mainmise de certaines forces qui n’acceptent pas le pluralisme sur la Kabylie (…) Elles n’acceptent pas les avis contraires et en arrivent aujourd’hui à la menace contre tous ceux qui veulent se présenter aux élections (…)». <