Quelques centaines de médecins résidents ont observé, hier, un sit-in à l’intérieur du Centre hospitalo-universitaire de Beni Messous. Sous une pluie battante, certains sont venus de Blida et de Tizi Ouzou pour un « rassemblement régional »

à l’appel du syndical qui les représente, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). Les protestataires ont choisi de se rassembler dans un lieu ouvert du CHU après que les services de police les eurent empêché de sortir de l’établissement de santé. Le mauvais temps ne les a pas dissuadé et leur rassemblement n’a pas duré longtemps avant qu’on entende l’un des médecins résidents crier : « Sit-in devant le ministère de la Santé ». Repris par ses collègues, ce cri de ralliement signalait que la rencontre, qui a eu lieu hier au même moment entre les délégués du syndicat des médecins grévistes et le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, n’avait pas été un succès. Les concernés promettent de durcir leur mouvement et de poursuivre la grève entamée il y a quelques jours avec le risque d’usure, estiment des observateurs de leur mouvement. « Il n’y a rien de concret », a déclaré plus tard à Reporters le représentant du Camra Mohamed Taileb. Il a indiqué que le ministre ne leur a « pas proposé de plan de travail commun » ou de « propositions concrètes » pour sortir de la crise.

Par ailleurs, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, a indiqué après avoir reçu les représentants du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) au siège du ministère, que les revendications des médecins résidents pour l’amélioration de leurs conditions de travail avaient été prises en compte par la mise en place de mesures incitatives dans le cadre des lois en vigueur.
Les médecins résidents affectés dans les différentes wilayas du pays auront à leur disposition les moyens nécessaires, notamment le plateau technique et le logement, ajoutant que d’autres mesures incitatives suivront. Le service civil prendra une nouvelle forme dans le cadre du projet de nouvelle loi sanitaire, a souligné le ministre, affirmant que cela permettra d’améliorer les conditions de travail des médecins résidents. Il a également fait savoir que la Direction de la Fonction publique préparait un projet qui permettra aux médecins spécialistes d’exercer dans le secteur privé dans les wilayas des Hauts plateaux et du Sud sans conditions contrairement à leurs pairs des wilayas du Nord qui ne peuvent le faire qu’après cinq (5) ans d’ancienneté. Quant au service national pour les médecins, le ministre de la Santé a indiqué que son département « ne peut pas intervenir sur cette question qui relève de la compétence du ministère de la Défense nationale ».