Le front social, marqué récemment par le débrayage des auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation de santé publique, des directeurs d’établissement du cycle primaire et des syndicats du corps enseignant, s’élargit encore et touche désormais d’autres catégories de professionnels mettant ainsi leurs tutelles respectives sous pression.
En effet, différentes organisations syndicales menacent de renouer avec la protestation dans le cas où les autorités compétentes ne règlent pas leurs revendications socioprofessionnelles au moment où des actions de contestation sont déjà en cours. Dans ce registre, les inspecteurs du travail ont poursuivi leur mouvement de grève, entamé samedi dernier, à l’appel du Syndicat national autonome des inspecteurs du travail (Snait). Selon un communiqué du syndicat, ce débrayage a pour but de rappeler à la tutelle la situation socioprofessionnelle déplorable que vivent les inspecteurs et d’exiger la satisfaction de leur plateforme de revendications. «Notre mobilisation est appelée à se poursuivre jusqu’à jeudi prochain afin de revendiquer l’amélioration de notre situation socioprofessionnelle», nous indique un membre de ce syndicat. Ainsi, les inspecteurs du travail, dont l’une des missions principales est de statuer et de trouver des solutions aux conflits dans le monde de l’emploi, optent, à leur tour, pour la protestation pour exiger la satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles et menacent de durcir le ton dans le cas où les pouvoirs publics ne répondent pas par la positive aux revendications du syndicat. Les revendications concernent, entre autres, la demande de révision du régime indemnitaire et du statut particulier des inspecteurs du travail, la mise à disposition des moyens matériels pour pouvoir s’acquitter convenablement de leur mission. Ils réclament également «le renforcement de leur protection pendant l’exercice de leur fonction par un cadre juridique serein», ainsi que «la création de nouvelles indemnités et primes susceptibles d’augmenter les salaires». Le syndicat réclame la conclusion d’un accord avec la Cnas, conformément au décret exécutif 97-424, qui consacre à l’inspection un pourcentage du fonds de la prévention contre les accidents du travail et les maladies professionnelles comme une aide, dont une partie sera versée sous forme de prime aux inspecteurs, alors que l’autre partie sera consacrée à équiper l’inspection du travail.
Outre les inspecteurs du travail, les agents de contrôle commercial et de lutte contre la fraude relevant du ministère du Commerce, qui ont entamé samedi dernier une grève nationale de deux jours, annoncent déjà un autre mouvement de grève de quatre jours, et ce, du 10 au 13 janvier. Le syndicat menace d’ailleurs d’une grève illimitée en cas de non-satisfaction de leurs revendications socioprofessionnelles, notamment la révision du statut particulier censé permettre une revalorisation salariale en adéquation avec les autres corps similaires. Les agents déplorent également le retard enregistré par les services de la Justice dans le versement des sommes collectées relatives aux P-V établis par les agents de contrôle selon la loi 06-238. Ces derniers réclament également leur part des revenus du Centre national du registre du commerce (CNRC) ainsi que l’ouverture des postes budgétaires pour les travailleurs qui ont eu des diplômes au cours de leur période de travail. Le secrétaire général du Syndicat national des personnels du ministère du Commerce affilié à la Fédération nationale du commerce et du tourisme (UGTA), Ahmed Allali, insiste sur la légitimité des revendications et appelle la tutelle à effectuer des réformes sur les lois en vigueur relatives au contrôle des activités commerciales notamment la protection du consommateur et la répression de la fraude. Ce dernier a affiché la disponibilité du syndicat à arrêter ce mouvement de contestation dans le cas où le ministère prend en charge les préoccupations socioprofessionnelles des travailleurs. n