La Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) a mis en place, en coopération avec le Bureau international du travail (BIT), une académie sociale «pour aider les entreprises à mieux gérer les affaires sociales des travailleurs».

La mise en place de cette académie, opérationnelle depuis le début de l’année, est une première en Algérie. Elle «vise à accompagner les entreprises à travers des formations de qualité sur le management et la gestion des ressources humaines en tenant compte des contraintes, aussi bien internes qu’externes, de sorte à assurer un environnement de travail agréable aux employés et un fonctionnement rationnel de l’entreprise», a déclaré Saïda Neghza, présidente de la CGEA, pour expliquer le pourquoi d’une académie sociale en partenariat avec le BIT. S’exprimant en marge d’un atelier régional sur la formation professionnelle en Algérie et en Afrique du Nord, tenu hier à Alger, elle a précisé que plusieurs rencontres ont déjà eu lieu, notamment depuis septembre dernier, avec les experts du BIT, entre autres Roland Sarton, chef du projet de l’université du monde du travail, Arnoult de Koster et Eric Oechslin, en vue du lancement de cette  académie. Deux sessions de formation ont déjà eu lieu à Alger  et Oran, au profit de 117 chefs d’entreprise et  gestionnaires des ressources humaines. Les formations portent essentiellement sur la réglementation régissant le monde du travail et l’entreprise et la gestion des ressources humaines. Elles seront progressivement généralisées à travers tout le pays, a précisé la présidente de la CGEA. Il est aussi question, ajoute la même responsable, de booster le recrutement auprès de la formation professionnelle.  Pour ce faire, la CGEA a recouru à l’assistance technique du BIT pour  une étude commune aux deux partenaires, a-t-elle fait savoir. Cette étude, menée sur plusieurs années et sur plusieurs secteurs, a montré «que les entreprises algériennes ne recrutaient pas suffisamment auprès des diplômés de la formation professionnelle en Algérie. Ce qui a conduit au lancement d’un programme de formation pour aider les responsables des ressources humaines au sein des entreprises à mieux exploiter le marché du travail», a-t-on indiqué. Le secrétaire général de la CGEA, Mahfoud Magati, a fait savoir que l’objectif escompté est d’établir une «interconnexion entre la PME et le secteur de la formation professionnelle» qui doit adapter ses programmes de formation de sorte à répondre aux besoins réels du marché. Il faut rappeler à ce propos qu’une récente instruction du ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels a invité les entreprises à ne plus «exiger des postulants à un emploi une expérience professionnelle préalable». Pour sa part, le directeur régional Afrique du Nord du BIT à Alger, Mohamed Ali Deyahi, a mis l’accent sur le fait que le marché algérien du travail compte, d’un côté, des milliers de jeunes diplômés de la formation professionnelle qui ne trouvent pas d’emploi  et, de l’autre, des entreprises qui peinent à trouver une main-d’œuvre qualifiée. Une problématique en débat durant deux jours (hier et aujourd’hui) par des organisations patronales des pays d’Afrique du Nord (l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie et l’Egypte).