Lors du Conseil des ministres tenu, dimanche, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que la conjoncture exceptionnelle que traverse le pays, depuis le mois de mars, du fait de la propagation de la pandémie de Covid-19 «nous a amené à mettre en place un cadre organisationnel spécifique permettant d’adapter les règles d’attribution des marchés publics relatifs aux opérations programmées à cette situation inédite et de la gérer de manière flexible, rapide et transparente en vue de faciliter l’accomplissement des missions des administrations et établissements publics». L’assouplissement des procédures d’attribution des marchés publics, annoncé par le chef de l’Etat, devrait, théoriquement, obéir à la nécessité de relancer l’activité économique dans les meilleurs délais, à l’inquiétude quant à une bureaucratisation de plus que pourrait susciter les conditions sanitaires que traverse le pays, ainsi qu’à l’impératif de repenser le mode actuellement d’attribution des marchés publics ; une machine lourde qui pourrait remettre en cause les espoirs de relance, alors que la situation sanitaire demeure incertaine. L’annonce faite par le chef de l’Etat, dimanche, en Conseil des ministres, selon laquelle il a été décidé de mettre en place un nouveau dispositif organisationnel permettant l’assouplissement des procédures de passation des marchés publics, fait suite au projet discuté, mercredi dernier, en réunion du gouvernement. Lors de cette réunion, rappelons-le, le gouvernement a entendu une communication du ministre des Finances relative à un projet de décret présidentiel fixant les mesures particulières adaptées aux procédures de passation des marchés publics dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation de l’épidémie de coronavirus (Covid-19). Ce projet de décret présidentiel vise à prendre en charge les contraintes d’ordre réglementaire rencontrées par les ordonnateurs dans la mise en œuvre des mesures exceptionnelles et urgentes qui ont été prises dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation de l’épidémie du coronavirus (COVID-19). Après le confinement, alors que la pression sur l’administration est très forte et les procédures traditionnelles en matière de passation des marchés publics sont longues, nécessitant, par moments, plusieurs mois, l’impératif de relancer la machine, notamment au sein des wilayas et des collectivités, nécessite une réadaptation du mécanisme jusqu’ici en vigueur. D’autant plus qu’il reste quatre mois pour finir les projets programmés pour l’actuel exercice budgétaire. Un défi, car le contexte sanitaire est difficile. Le confinement entamé dès le mois de mars dernier a eu pour effet une accumulation de dossiers au niveau des administrations et des retards en termes de passation des marchés publics. Déjà confrontées à une administration bureaucratique, les entreprises n’ont cessé d’alerter sur la paralysie qui a caractérisé l’administration économique depuis le mois de mars dernier. n