Si la publication, en juillet dernier, d’un nouveau code l’investissement a été favorablement accueilli par les opérateurs économiques, ainsi que par l’ensemble des économistes intervenant dans cette sphère, dont notamment les associations représentant ces opérateurs ou encore analystes, la libération de ses textes d’application qui s’en est suivi a renforcé la satisfaction manifestée par ces acteurs.

Par Feriel Nourine
Ces derniers n’ont pas manqué de louer le contenu du nouveau code en espérant qu’au-delà des textes écrits, l’heure de la libération de l’acte d’investir a réellement sonné sur le terrain. Ceci d’autant qu’après de nombreuses années de blocage dont ont souffert les projets d’investissements, l’économie national s’est contentée d’évoluer avec un retard de développement qui n’a fait que s’accroitre.
Lequel retard s’est vérifié aux dépends d’opérateurs locaux, mais aussi d’outre-mer qui ont dû faire face à une législation pas du tout favorable aux investissements directs étrangers (IDE).
Une situation qui pousse le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care) à aborder ce dossier en exploitant l’opportunité que représente l’avènement récent du code de l’investissement.
Dans sa dernière note, Care va droit au but en choisissant comme thème «Pour des flux plus substantiels d’IDE en Algérie».
Un thème qui sous-entend d’abord que ces flux sont très faibles et que les retards en matière d’IDE est énorme dans notre pays.
Reprenant les données de la Conférence des Nations Unies sur le développement et le commerce (Cnuced) sur les stocks d’IDE, Care relève que «ces retards sont importants, en comparaison avec les principales économies africaines ou arabes». A ce propos, les chiffres de la CNUCED montrent globalement la faiblesse du niveau du stock des IDE sur le territoire national, par rapport au PIB.
En effet, avec seulement 34 milliards de dollars en 2021, soit 20,5% de PIB, le stock des IDE enregistré en Algérie est nettement loin de celui de l’Afrique du Sud, avec ses 173,1 milliards de dollars (46% de PIB) ou encore du stock de l’Egypte qui a atteint 137, 5 milliards de dollars (33,9% de PIB), alors que le Nigeria a enregistré un taux de 91,9 milliards de dollars pour un PIB relativement bas (20%).
En Arabie saoudite, le stock des IDE s’est chiffré à 261,1 dollars l’année dernière, soit un PIB de 31,4%, indique encore la note de Care. «Sur une longue période, les progrès en termes d’accueil des IDE en Algérie sont indéniables, mais en-deçà de la dynamique qui a cours partout à l’échelle de l’économie mondiale», souligne le think-tank, après avoir noté qu’en Afrique, le stock de ce type d’investissements était de 1 026 dollars (38% de PIB) en Afrique, 1 009 milliards de dollars dans la Ligue des Etats arabes (34,8%), 12 330 milliards de dollars dans les pays en développement (32,3%) et 45 449 milliards de dollars dans la monde (47,3%).
A travers le nouveau code de l’investissement, c’est la mise en place d’un environnement légal et réglementaire «plus favorable à l’attraction des IDE» qui a été opéré, rappelle la note. Partant, «les blocages juridiques qui ont pendant longtemps plombé l’entrée des capitaux étrangers sur notre territoire ont été levés. Le climat actuel peut être considéré comme globalement favorable à un afflux plus consistant d’IDE, pour peu qu’une vision nouvelle, plus pérenne et plus solide, prenne forme et qu’elle se concrétise effectivement sur le terrain», lit-on encore sur le même document.
Néanmoins, la rénovation du cadre légal a été effectuée, mais «elle demande à être confortée par des transformations concrètes sur le terrain», insiste Care.
En ce sens, le Cercle plaide pour une démarche volontariste qui suivrait la levée des verrous à travers «des prolongements concrets sur le terrain, ainsi que par la cohérence d’une politique publique à adresser aux investisseurs internationaux». Laquelle démarche devrait se baser sur certains critères, dont notamment «la mise en place d’une banque de données sur les IDE, l’établissement d’une évaluation régulière dans ce cadre, l’ouverture du champ aux PME et l’adoption de la transparence dans les procédures applicables aux IDE», ajoute Care. <