L’accalmie du front social, imposée essentiellement par la Covid-19, ne tardera pas à voler en éclats. Pas besoin de dons de voyance pour l’affirmer, puisque ces derniers temps les ingrédients se sont assez amoncelés. D’ailleurs, au rythme où vont les choses, les questions qu’il va falloir se poser c’est quand cela va se dérouler et sous quelles formes.
Evidemment, ce ne sera pas une surprise. Les ravages suscités par la pandémie, depuis près d’une année, sur l’économie nationale ne peuvent pas donner d’autres résultats que le mécontentement social. C’est devenu encore plus dur pour le citoyen lambda depuis le début de cette année, avec les retombées de la loi des finances 2021, surtout avec la dévaluation du dinar. La flambée des prix des produits de consommation est constatée partout dans le pays augmentant encore plus la grogne au sein de la population.
C’est là, et maintenant, que seront jugés réellement les membres du gouvernement dans la manière avec laquelle ils vont affronter la dure réalité du terrain. La distanciation sociale, qui a régné sur tous les plans depuis mars 2020, ne suffit plus. D’ailleurs, elle ne pouvait pas être une solution à long terme. Il y avait bel et bien une bombe à retardement, et maintenant il va falloir descendre sur le terrain social. Les bureaux et le télétravail ont été certes nécessaires, cependant ils ne vont plus suffire.
Néanmoins, cette tension n’est pas propre à l’Algérie. La quasi-majorité des pays, surtout ceux touchés de plein fouet par la pandémie, sont englués dans des crises multiformes, et chez eux le grondement de la rue ne se conjugue pas au futur, mais au présent.
Tout dépend de la manière avec laquelle le gouvernement Djerad va aborder cette étape cruciale qu’il n’a pas eu à subir depuis son installation, le 28 décembre 2019. Il va falloir sortir le « grand jeu » pour espérer résister à la déferlante annoncée. Comme premiers signes, il y a les syndicats qui montent au créneau. La situation actuelle est tellement enchevêtrée que les « coups » peuvent provenir de « lieux » bien surprenants. Ce qui s’est passé hier du côté de Hydra est plus qu’une alerte. Quand des supporters d’un club de football vandalisent le siège de la plus grande entreprises du pays, c’est qu’il faut vraiment tirer en urgence la sonnette d’alarme.