Les flux d’investissements directs étrangers vont «rester faibles» en 2021 et les pays en voie de développement devraient même afficher un fort affaissement de ce pilier crucial pour leur croissance.
Une phrase sentence lancée par James Zhan, Directeur de la Division de l’investissement et des entreprises à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), lors d’un point de presse présentant le rapport annuel publié dimanche. Bien sûr, le principal coupable reste la Covid-19 qui a mis à plat pratiquement toutes les économies du monde et ressuscité les vieux démons du chômage endémique. Pire, l’agence onusienne présage une nouvelle dégradation de 5 à 10% comparativement à l’année 2000, qui a, elle-même, été cochée par un «effondrement» de 42% par rapport à celle d’avant à 859 milliards de dollars.
Ces chiffres qui annoncent 30% de moins qu’au pire moment de la crise financière de 2009, pointent quand même le volume d’investissements au niveau des années… 1990, c’est-à-dire juste après la crise pétrolière et financière des années 1980.
M. Zhan espère quand même que «la vraie reprise va démarrer en 2022», arguant que «les investisseurs vont probablement continuer à se montrer prudents dans leur allocations de fonds dans des actifs productifs étrangers».
Tout cela pour aviser que cet indicateur de la Cnuced est au rouge pour les pays en voie de développement, impactés financièrement plus que les pays «investisseurs» par la pandémie et ses retombées sur leurs économies.
Si les IDE ont partiellement bien résisté en 2020, ce sont plutôt les annonces de projets sur site vierge qui ont brutalement chuté de 46% pour ce groupe de pays, continue le directeur des investissements.
Le continent africain, chasse gardée des Européens et, plus récemment, des Chinois, a été le plus touché avec une dégradation de 63%, surtout que les financements internationaux de projets ont baissé aussi de 40%, contre un recul de seulement 7% pour l’ensemble des pays défavorisés, certains pays d’Asie, des Caraïbes et de l’Amérique latine.
Et justement, en Amérique latine et aux Caraïbes, les investissements sur site vierge ont été divisés par deux et sont tombés de 38% en Asie.
Cependant, les fusions-acquisitions ont rebondi au deuxième semestre dans le secteur de la technologie et de la santé, des secteurs qui n’ont pas été guidés par la pandémie, car la production de matériels y afférant bat tous les records de production.
Il reste que toutes ces annonces, noircies encore plus par l’impossibilité pour les pays pauvres et même intermédiaires d’acquérir le vaccin synonyme de relance et de confiance en l’outil économique, peuvent éventuellement compter sur la Chine qui a déjà déjoué plusieurs pronostics des organismes de l’ONU. L’illustration la plus nette en est une croissance attendue de 5 % au minimum pour 2021, alors que celles des pays riches sont prévues avec un chiffre négatif.
Tout cela pour dire que la bonne santé retrouvée de l’économie chinoise pourrait avoir comme conséquence des investissements dans les pays pauvres ou en développement, d’autant que l’Europe et les Etats-Unis demeurent frileux par rapport à tout ce qui provient du pays l’Empire du milieu. n