S’apprêtant à entamer aujourd’hui leur troisième semaine de protestation, les enseignants affiliés au Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) ne décolèrent pas. Ils comptent poursuivre la grève qu’ils observent depuis le 30 novembre dernier !

Leur mouvement de protestation a déjà pénalisé de nombreux lycéens dans différentes wilayas du pays et principalement où il dispose d’une base militante importante à l’exemple de Tizi Ouzou, Blida, Béjaïa ainsi que Skikda entre autres. Dans les chefs-lieux de ces wilayas, en tous cas, la plupart des lycéens fréquentant les établissements où ce syndicat enseignant revendiquant plus de 12.000 adhérents est implanté, n’ont pas passé leurs examens du premier trimestre. Ces élèves qui cumulent déjà un retard de cours important ne peuvent pas passer aux épreuves avec des professeurs déterminés à poursuivre leur grève. 

L’action de débrayage déclenchée par le Cnapeste a été décidée à la suite d’un rassemblement qu’ont tenu ses enseignants adhérents le 30 octobre dernier devant le siège de la direction de l’éducation de Tizi Ouzou. Ils s’y étaient regroupés pour dénoncer l’ « agression d’une jeune enseignante par une policière» dans l’enceinte de l’académie en présence de l’ensemble du personnel.
S’étant déplacée sur les lieux pour un document administratif demandé par son inspecteur, l’enseignante a été confrontée d’abord au refus de la secrétaire de direction de l’académie de à sa demande avant d’être priée de quitter les lieux.
« Après son refus, c’est une policière qui la conduite à l’extérieur manu militari en lui tordant le bras avant de lui asséner une gifle », selon les témoignages de l’enseignante âgée de 24 ans. Depuis, en l’absence de réaction de la tutelle et de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, l’affaire a tourné au pourrissement. Les taux de suivi les plus importants de la grève sont enregistrés à Tizi Ouzou et Béjaïa où un grand nombre d’établissements sont paralysés, a fait savoir Kamel Nouari, syndicaliste dans le secteur de l’éducation. « La grève a été largement suivie par les enseignants affiliés au Cnapest privant ainsi les lycéens des examens du premier. Pire encore, ces élèves seront certainement obligés de sacrifier leurs vacances scolaires pour rattraper ce retard » a déploré de son côté le porte-parole du syndicat national autonome des personnels de l’administration publique SNAPAP, Nabil Ferguenis .
Le Cnapest, lui, a affirmé qu’en cas de non satisfaction de ses revendications, c’est-à-dire obtenir justice pour l’enseignante « agressée », il continuera son forcing et promet de radicaliser son action. Cependant et selon certaines indiscrétions, un large remaniement est attendu très prochainement dans les rangs des directeurs de l’éducation dont la gestion de la plupart d’entre eux a été décriée par le Cnapest. Le secteur de l’éducation nationale risque de connaître d’autres mouvements de débrayages dans les mois qui suivent si l’on se fie aux dernières déclarations de l’intersyndical qui compte de nombreux syndicats du secteur. Une réunion est prévue le 13 janvier prochain, date de l’annonce du « calendrier des actions de protestation ».