Le 10e Festival national de la musique andalouse Sanaâ a pris fin, avant-hier, lors d’une soirée festive au Palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger, marquée par les prestations de l’association algéroise Menzeh Anadil El Djazaïr

, de Lamia Aït Lamara et Farid Khodja, devant un nombreux public et en présence du ministre de la Culture, M. Azeddine Mihoubi, du directeur de l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh, Noureddine Saoudi, ainsi que de plusieurs présidents d’associations de musique andalouse. Lors de cette soirée de clôture, célébrant la tradition Sanaa de la musique andalouse, les mélomanes présents dans l’auditorium du Palais de la culture, ont d’abord apprécié le récital de l’orchestre de l’association Menzeh Anadil El Djazaïr d’Alger et ses vingt instrumentistes, dont dix musiciennes et des benjamins, sous la direction du maître-formateur Youcef Ouznadji. Au programme de l’ensemble algérois plusieurs pièces, à l’instar de l’interprétation Noubet Dil par les interprétations limpides de Rokia Kesbadji Malek à l’oud, Sara Khemsi au violon, Thanina Chaabane au r’beb, Mouffok Mohamed Lamine à la mandoline et Ramzi Lemnouer à l’oud. En deuxième partie de soirée, Lamia Aitït Lamara, qui a tenu à être présentée comme l’élève de Youcef Ouznadji, a interprété pour les mélomanes présents, Noubet Mezdj et Rasd Dil-Maya, deux modes aux tons relevés, déployés avec une voix cristalline, en une dizaine de pièces dans leurs différentes déclinaisons rythmiques et mélodiques, rapporte l’APS. Pour sa part, debout devant son micro en chanteur libre, Farid Khodja, se séparant de son r’beb, le temps d’un tour de chant, a livré une prestation de haute facture, optant pour un retour à la nouba Rasd Dil. Après l’hommage rendu la veille au regretté maître Mustapha Bahar, le festival a, en début de soirée, honoré la mémoire d’un autre maître disparu, Mustapha Benguergoura, à travers la projection d’un documentaire d’une dizaine de minutes retraçant son parcours, écrit et réalisé par Abdelkader Bendamache. Deux autres grands maîtres de la musique andalouse ont également été honorés lors de cette dixième édition, en l’occurrence Mohamed Benteffahi et le regretté maître du hawzi Farid Oujdi. La commissaire du festival, Karima Bouchtout, a mis l’accent lors de cette 10e édition sur la nécessité de veiller à la «préservation et la transmission» du patrimoine andalou, soulignant l’importance d’entretenir «un travail de mémoire». Après dix années d’existence, le Festival national de la musique andalouse Sanaa, qui a pris l’option de se soustraire du caractère compétitif auquel il s’est jusque-là attaché, a gagné en maturité, se voulant «un espace de valorisation et de transmission de ce legs ancestral», selon les organisateurs, avec «la mise à l’honneur du parcours des maîtres disparus», qui ont nourri, durant leurs brillantes carrières, l’élan de cette musique savante à travers les siècles.
Pour sa 10e édition, le festival s’est également distingué en adoptant une scénographie conçue dans le droit fil de la tradition ancienne, d’arcades, de tapis, de coffres et d’ustensiles de dinanderie, en mettant en valeur les portraits des quatre regrettés maîtres, que le festival a choisi d’honorer, réalisés par le jeune plasticien-designer, Abdelghani Bouhellal. Restituant ainsi, les atmosphères traditionnelles des «qaâdet andaloussia». Il est à noter que, lors des récitals musicaux, le déroulé des textes des pièces entonnées a été projeté sur un écran au fond de la scène, permettant au public une meilleure appréciation des poésies. Au final, la commissaire du festival, Karima Bouchtout, mettant en exergue un «un travail d’équipe», a fait part de sa «satisfaction» pour avoir réussi le pari d’organiser un «festival de qualité», rapporte l’APS,Ouvert le 4 mai passé, le 10e Festival national de la musique andalouse Sanaa a accueilli six associations d’Alger, Bejaïa, Mostaganem, Borj Bou Arréridj et Boufarik, avec, en marge des prestations, en plus des hommages rendus à d’anciens maîtres disparus, une conférence sur le système modal de la musique Sanaa.