Le 35e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, qui a pris fin, dimanche soir à Addis Abeba, a été marqué par l’adoption d’une série de décisions dont celle liée à la suspension de la décision accordant à l’Entité sioniste le statut d’observateur au sein de l’UA, et la présentation de plusieurs rapports dont celui de l’Algérie relatif à la lutte contre les groupes extrémistes et le terrorisme.

La suspension de la décision accordant à l’Entité sioniste le statut d’observateur au sein de l’Union africaine est à classer dans le chapitre des victoires diplomatiques algériennes, pays qui a été parmi les premiers à s’opposer à cette décision qui va à l’encontre des principes fondateurs de l’organisation panafricaine. Depuis le 22 juillet dernier, date à laquelle le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki a décidé d’octroyer le statut d’observateur à l’Entité sioniste au sein de l’UA, l’Algérie et d’autres pays africains dont l’Afrique du sud, s’y sont farouchement opposés. Ils ont surtout attiré l’attention sur le fait que cette décision qui a fait naître des craintes de division au sein de l’UA, ne soit pas conforme aux résolutions précédentes de l’organisation continentale en faveur de la cause palestinienne.
Outre la suspension de l’Entité sioniste a été décidée, il a été également convenu de créer un Comité de sept Chefs d’Etat africains dont le président de la République Abdelmadjid Tebboune, pour formuler une recommandation au sommet de l’UA qui demeure saisi de la question. En sa qualité de coordonnateur de l’UA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique, le président Tebboune a, dans son rapport présenté dimanche par Lamamra devant les participants au sommet de l’UA, plaidé pour une approche basée sur la lutte contre les groupes extrémistes, la prévention et les efforts de dé-radicalisation pour gagner la bataille contre le terrorisme et l’extrémisme violent à travers le continent africain. «La bataille contre le terrorisme et l’extrémisme violent ne pourrait être gagnée en l’absence d’une approche compréhensive basée sur un déploiement sur un double front, à savoir la lutte contre les groupes extrémistes, mais aussi et surtout en termes de prévention et d’efforts de dé-radicalisation», a-t-il souligné. L’Algérie a aussi appelé dans son rapport au 35e sommet de l’UA, pour la finalisation du 2ème Plan africain de lutte contre le terrorisme, l’activation du Fonds spécial africain de lutte contre le terrorisme, la mise en place d’une liste africaine des personnes et des groupes impliqués de terrorismes, ainsi que la concrétisation du projet de mandat d’arrêt africain. Pour sa part, le Conseil de paix et de la sécurité (CPS) de l’UA a relevé que la résolution du conflit au Sahara occidental «doit tenir compte des dispositions de l’Acte constitutif de l’Union africaine qui souligne le principe de l’intangibilité des frontières héritées au recouvrement de l’indépendance».
Se déclarant «profondément préoccupé» par la situation instable au Sahara occidental suite à la reprise de la guerre dans ce territoire non autonome, le CPS de l’UA, relève la «nécessité urgente de redynamiser les efforts pour faciliter une résolution définitive du conflit, conformément aux dispositions pertinentes de l’Acte constitutif de l’UA». Par ailleurs, les dirigeants africains, ont condamné «sans équivoque» la récente «vague de changements anticonstitutionnels de gouvernement» sur le continent. «Chaque dirigeant africain de l’assemblée a condamné sans équivoque le modèle, la résurgence, le cycle, la vague de changements anticonstitutionnels de gouvernement», a déclaré Bankole Adeoye, Commissaire en charge des Affaires politiques, de la paix et de la sécurité de l’organisation panafricaine. Le changement climatique a été aussi parmi les dossiers examinés lors du sommet ayant pour thème «Renforcer la sécurité alimentaire: Accélérer le développement du capital humain, social et économique dans le continent africain».(APS