Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a exhorté, hier, à la clôture de la réunion gouvernement-walis, les participants à assumer pleinement leurs responsabilités dans la mise en œuvre et la concrétisation des directives et orientations du Président de la République qui versent toutes dans l’intérêt des citoyens, en réduisant les disparités et en leur assurant une vie décente. Ce qui ne peut être réalisée sans une modernisation de l’administration et une bonne gouvernance, en rupture totale avec les pratiques du passé.

«Notre rencontre coïncide avec le Plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme du Président avec, à sa tête, un programme de développement urgent qui prend en charge les préoccupations des citoyens pour leur assurer une vie décente, notamment ceux vivant dans les “zones d’ombre” et dans les banlieues», a déclaré M. Djerad, soulignant la nécessité de «rétablir la confiance avec les citoyens». Pour ce faire, le gouvernement «ne ménagera aucun effort et ira résolument vers la concrétisation des engagements annoncés dans le Plan d’action». Recommandant aux walis et aux élus locaux d’«emprunter la voie du dialogue et de la concertation avec les citoyens et les différentes composantes de la société civile», il soulignera également «la nécessité d’opérer une véritable rupture avec la bureaucratie, sous toutes ses formes, et d’intensifier le travail de terrain, de suivre la situation des citoyens et d’être à l’écoute de leurs préoccupations».
«Humaniser» les relations avec les citoyens
Dans ce cadre, il a souligné qu’il faut une nouvelle approche dans la formation des cadres dans certaines écoles, comme l’Ecole nationale d’administration (ENA) et ses annexes locales, notamment dans le management, afin d’humaniser leur travail. «Le cadre d’Etat, à tous les niveaux, est appelé à faire preuve d’humanisme dans sa relation avec le citoyen. Nous devons former un cadre qui a foi en l’Etat et ses institutions et qui soit au service des citoyens. Il devra être un modèle en termes d’intégrité et d’abnégation et faire preuve de responsabilité, en se dressant contre tout dépassement, clientélisme et abus de pouvoir. Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans l’éradication de la bureaucratie, la modernisation de l’administration, et la simplification et la numérisation des procédures administratives», selon le Premier ministre. Ce sont de telles pratiques qui contribueront à «faciliter la vie des citoyens et au développement local», a-t-il dit, enjoignant les responsables des collectivités locales à intensifier leurs efforts pour «répondre aux besoins des citoyens, libérer les initiatives et créer des opportunités aux jeunes pour leur permettre d’être des acteurs actifs dans le présent et l’avenir du pays». M. Djerad est revenu sur l’importance de la réforme administrative, la mise en place d’un plan global de gouvernance, tout en relevant que les différentes mesures «demeurent tributaires du sérieux de chaque responsable administratif, de sa compétence et de son engagement». Soutenant que le travail des responsables locaux sera désormais soumis à un suivi, à une évaluation et un contrôle permanents, il leur affirme qu’ils n’ont de choix que de réussir et d’obtenir des résultats concrets. «Le gouvernement est à vos côtés et continuera de soutenir toutes vos actions en faveur du citoyen, comme il faudra ne ménager aucun effort pour dépasser toutes les crises», a-t-il conclu.
Intervenant à son tour, le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, a appelé chaque responsable des collectivités locales, et chacun à son niveau de responsabilité, à revoir les méthodes employées dans le cadre de ses missions et dans la gestion des affaires publiques. «Les responsables sont désormais contraints d’axer leur travail sur la proximité, le rapprochement avec les citoyens ainsi qu’une prise en charge exemplaire de leurs préoccupations, en évitant les fausses promesses et en veillant à la concrétisation de leurs demandes qui, souvent, ne nécessitent pas des procédures longues ou complexes», a-t-il déclaré. Il a tenu à assurer de «la volonté de la grande famille des collectivités locales, en coopération avec les différents départements ministériels, à aller de l’avant vers la nouvelle Algérie à laquelle nous aspirons tous».

L’impérative «numérisation de l’administration»
Adopter un nouveau mode de gouvernance et numériser l’administration pour permettre une meilleure gestion des collectivités locales sont parmi les constantes des recommandations des ateliers organisés à l’occasion de la rencontre gouvernement-walis. Six thématiques ont été retenues pour ces ateliers, dont « La digitalisation et l’intelligence collective, leviers d’un nouveau service public local» pour lequel est suggérée «la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire favorable à une gestion moderne et intelligente du service public local, avec le lancement, en parallèle, d’un programme de modernisation de ces collectivités visant à édifier une administration électronique». L’objectif étant, entre autres, de permettre aux citoyens de retirer les documents de l’état civil en ligne et de mettre un terme aux pratiques et lourdeurs bureaucratiques. L’autre recommandation est d’accélérer le processus de digitalisation dans le but de parvenir à une administration dématérialisée avec zéro papier. La mise en place d’un environnement favorable au développement des start-up, qui interviennent dans le domaine des services publics locaux, est également recommandé, avec l’objectif de formuler des solutions intelligentes et innovantes visant l’amélioration de la qualité des services
offerts aux citoyens. Il y a également l’impératif de former les personnels des collectivités locales dans nouvelles technologies et de procéder au recrutement d’un personnel qualifié.
Pour l’atelier portant sur «l’amélioration de la vie du citoyen», les recommandations ont porté sur «l’approche d’une gestion à objectifs, visant l’amélioration du cadre de vie du citoyen et la relance économique» et «l’adoption d’une législation plus claire et plus rigoureuse pour amener les collectivités locales à préparer, dans les meilleures conditions, leurs plans de développement». La mise en place d’une banque de données d’indicateurs économiques relative aux besoins des citoyens et leur numérisation est également recommandée, de même que la «détermination des responsabilités», la nécessité de «conférer un rôle plus important aux élus», le «renforcement de la décentralisation» et l’«implication des citoyens à la prise de décision». Les participants à cet atelier ont insisté sur la création d’un mécanisme pour le financement des programmes de développement local ainsi que la recherche de nouveaux mécanismes pour améliorer le recouvrement des impôts.

Accidents de la route : pour des mesures plus dissuasives
Pour ce qui est du volet relatif à la sécurité routière, les participants à l’atelier «La mobilité et la sécurité routière», ont pointé le doigt sur le facteur humain qui demeure la cause principale en étant à l’origine de 90% des accidents de la circulation, alors que 10% concernent l’état des routes et des véhicules. A cet effet, ils ont recommandé de revoir la qualification des formateurs (moniteurs des auto-écoles), et faire montre davantage de rigueur et de fermeté dans la délivrance des permis de conduire, notamment pour les chauffeurs des véhicules poids-lourds et de transports en commun. La révision à la hausse des amendes des contraventions a également été recommandée de manière à dissuader les conducteurs à s’adonner à l’excès de vitesse, préconisant en outre de soumettre de manière régulière les conducteurs des transports publics à des tests psychologiques. Il est également recommandé de réduire la période de contrôle technique des véhicules et, surtout, d’imposer un cahier des charges rigoureux quant à l’acquisition des véhicules et des pièces de rechanges, lesquelles doivent être d’origine. A cet effet, le concours des services des Douanes et d’un laboratoire de contrôle a été recommandé afin d’éviter que le marché national soit inondée de pièces de rechange contrefaites. En ce qui concerne le volet infrastructure, l’entretien des routes ainsi que la généralisation et la modernisation de la signalisation routière ont, entre autres suggestions, été évoqués afin de réduire, autant que faire se peut, les accidents de la route.