La 11e édition du Festival local de la culture et de la chanson kabyles s’est clôturée, dans l’après-midi de dimanche dernier, au Théâtre régional de Béjaïa dans une ambiance festive et conviviale, lors d’un gala artistique, haut en couleurs, animé par des femmes et pour les femmes à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme. Dans une salle archicomble, les chanteuses Thanina, Drifa Hennad, Nessrine, Wissam et d’autres se sont relayées sur le plateau pour gratifier le public essentiellement féminin d’un récital prenant et varié.
«De beaux textes, notamment ceux écrits ou chantés par l’artiste disparue Djamila, de belles compositions et de merveilleuses interprétations, il n’en fallait pas tant pour mettre le feu à la grande salle du théâtre qui a vibré sans compter et sans réserve», rapporte l’APS. Il est également rapporté que cette ambiance festive et conviviale a continué jusque dans les coulisses et à la sortie du théâtre, où une jonction s’est opérée avec l’arrivée de centaines d’autres femmes, en défilé sur le boulevard Amirouche.
Pour rappel, durant quatre jours, le public a eu un droit à une animation aussi éclectique que riche, notamment au plan artistique, où les organisateurs ont fait mouche en alternant les anciennes et les nouvelles stars. Ceci en donnant l’occasion aux débutantes de briller et de faire valoir leurs talents ou d’offrir d’agréables surprises, comme ce fut le cas pour Nada Rayhan, portée jusque-là par un registre oriental et qui s’est révélée une voix sublime en kabyle.
Le public qui a répondu présent en masse, tout au long du festival, a aussi apprécié les hommages rendus à titre posthume à des vedettes dont la regrettée interprète et poète kabyle, Djamila, disparue en octobre dernier, et le petit Maâtoub (Hakim Rahmouni). Dans le même esprit, d’autres hommages ont été rendus à des artistes en devenir mais dont les voix se sont tues, à l’instar de Farid Ben Ahmed, Saïd Alioui et Abderazek Ghozlane. Des hommages qui se sont déroulés sur la scène du Théâtre régional de Béjaïa mais également dans les localités de la wilaya où s’est déroulé le festival à l’instar d’El-Kseur, Amizour et Tazmalt.
Quarante-huit artistes dont 38 femmes ont participé à ce Festival, dont la tenue était «un défi, à cause du peu de moyens qui lui ont été consacrés», selon le commissaire de la manifestation, le chanteur Azifas. Il affirme l’avoir organisé avec seulement 4 millions de dinars en réussissant la prouesse de réunir tout le gotha de la chanson kabyle. Ceci à l’instar de la grande chanteuse Taos, établie en France mais qui foule pour la première fois une scène nationale, la très populaire Malika Domrane, ou encore la grande diva qu’est Ldjida Tamejtouht. L’édition de cette année, organisée en rattrapage de la session non tenue en 2019, a aussi été marquée par l’organisation d’une série d’expositions sur la culture, la musique et l’artisanat kabyle ainsi qu’une succession de conférences. n