Le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) organise, à Timimoun, la dernière activité entrant dans le cadre du programme général de célébration du «Centenaire de la naissance de l’écrivain et chercheur Mouloud Mammeri». Il s’agit d’un workshop, qui s’est tenu avant-hier après-midi, et d’une journée d’étude, qui devait avoir lieu hier matin, réunissant des universitaires et des chercheurs autour de «L’apport de Mammeri à la préservation du patrimoine immatériel du Gourara». Le workshop, intitulé «L’usage de tamazight dans le service public» a été l’occasion de démarrer plusieurs chantiers de traduction.

On n’a jamais autant parlé de Mouloud Mammeri de manière aussi dense et régulière que durant cette année 2017 qui se termine. Bien sûr, beaucoup de choses restent à dire et à écrire sur ce grand écrivain et chercheur génial, qui a laissé quatre romans et qui a incarné (et incarne) la discipline de l’anthropologie et la valorisation ainsi que la promotion de tamazight, langue et culture. Tout au long de cette année 2017, le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) a organisé, dans le cadre du «Centenaire de la naissance de l’écrivain et chercheur Mouloud Mammeri», une série d’événements entre hommages, journées d’étude et poétiques, colloques et même un festival. Ses œuvres ont également été rééditées (éd. Dar El Othmania) et traduites. Et quoi de plus normal que la dernière halte soit Timimoun, une ville que Mammeri a bien connue et dans laquelle il a découvert l’Ahellil et a œuvré pour recueillir ses textes et mettre en valeur les différents aspects de ce genre musical et poétique, classé, depuis 2008, sur la liste représentative de l’Unesco du patrimoine immatériel de l’humanité. La dernière escale de l’année Mammeri, de cette manifestation exceptionnelle et inédite qui, espérons-le, en suscitera bien d’autres, se déroule du 29 au 31 décembre à Timimoun, dans la wilaya d’Adrar. Timimoun accueille, en même temps, le Festival national de l’Ahellil, dont le HCA est partenaire de l’édition de cette année, en hommage à l’auteur de «L’Opium et le Bâton», avec pour slogan «Fidélité à la mémoire de Mouloud Mammeri».
Après un voyage à partir d’Alger de près de 20 heures de route, la délégation du HCA a été accueillie par les autorités de Timimoun et des personnalités de la ville. Dans l’après-midi de vendredi à la Bibliothèque de lecture publique de Timimoun, le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, a lancé le workshop intitulé «L’usage de tamazight dans le service public». Dans son allocution, M. Assad a expliqué que l’objectif de ce workshop est «de produire et valider les textes en tamazight à insérer dans les documents relevant de différentes institutions assurant le service public». Ce travail est initié à la suite de «quatre propositions» formulées à quatre ministères (Ressources en eau, Transports, Energie, Intérieur). Revenant, dans le détail, sur le champ d’intervention du HCA et surtout des universitaires participant à ce workshop, il indiquera que la proposition au ministère des Ressources en eau, consiste en «la traduction de tous les documents dans ce ministère, dont la facture», et à cela s’ajoute «un deuxième projet dans le cadre de la fonction publique». Avec celui des Transports, l’accord consiste en «l’intégration de tamazight dans les messageries et sur le flyers». Les consignes de sécurité dans les avions seront également traduites vers tamazight. Le projet avec le ministère de l’Energie se déclinera par la traduction de la facture de Sonelgaz. «Surchargée», selon M. Assad, un travail sera fait pour sa simplification. Enfin, un projet réunit le HCA au ministère de l’Intérieur. Il s’agit de procéder à «l’inventaire toponymique de toutes les communes de la République». Un projet colossal qui se met en place. Selon Si El Hachemi Assad, ce travail s’inscrit «dans le contexte de la mise en œuvre des dispositions de la nouvelle Constitution par une socialisation effective et généralisée de tamazight au sein de la société civile et des institutions étatiques». Il signalera également qu’à l’issue du workshop, dont le travail se fera par groupe, et de la journée d’étude, des recommandations seront formulées et serviront de «feuille de route pour 2018», une année qui s’annonce d’ores et déjà importante, dans la mesure où une académie de tamazight sera certainement mise en place. Par ailleurs, dans la matinée de jeudi dernier, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïh a abrité la cérémonie d’oblitération du premier timbre à l’effigie de Mouloud Mammeri, disponible depuis hier dans les bureaux de poste. Pour rappel, l’année Mammeri ou la célébration du centenaire de sa naissance a démarré, le 28 février dernier, à Ath Yenni (Tizi Ouzou).