Si le FC Barcelone et le Real Madrid n’ont pas réussi à se départager (2-2), dimanche soir, dans le cadre de la 36e journée de Liga, les deux équipes ont montré un visage très peu fair-play tout au long de la rencontre. Coups bas, coups de vice, mauvaise foi, les acteurs de la partie ont raté une belle occasion de soigner leur image.

Le Clasico est décidément un match à part. Malgré l’enjeu inexistant, puisque le FC Barcelone est déjà champion d’Espagne, la rencontre de dimanche a prouvé que le club catalan et le Real Madrid se détestaient au plus haut point. Si le résultat de parité (2-2) a contenté les deux équipes, les nombreux faits de match ont été largement commentés en Espagne, où les débats enflammés se sont multipliés ces dernières heures.

L’arbitre à la ramasse, les joueurs ont pris leurs aises

Avec un acteur majeur qui a complètement manqué son rendez-vous : Alejandro José Hernandez. L’arbitre a été d’une médiocrité abyssale en enchaînant les mauvaises décisions. Si les supporters des deux équipes trouvent toujours le moyen de se sentir lésés, il faut dire que l’homme en noir a réussi à faire l’unanimité en se mettant à dos tout le monde sur ce match. Le Real Madrid, d’une part. Le club royal n’a pas été en verve puisque le second but de Lionel Messi est entaché d’une énorme faute de Luis Suarez sur Raphaël Varane, déséquilibré par un coup de pied. Quelques minutes après l’égalisation de Gareth Bale, Marcelo aurait dû lui obtenir un penalty évident pour une faute indiscutable de Jordi Alba que seul l’arbitre n’a pas vu. Le FC Barcelone, aussi. La formation catalane, réduite à dix avant la pause suite à l’expulsion logique de Sergi Roberto pour un coup au visage de Marcelo, doit toujours se demander comment Bale a pu terminer la rencontre après sa vilaine semelle sur le mollet de Samuel Umtiti juste avant la mi-temps. Un constat similaire pour Sergio Ramos, qui a réussi l’exploit de ne pas rentrer dans les vestiaires plus tôt.

Ramos dans tous les sales coups

Car le capitaine madrilène a été dans toutes les histoires. D’abord en mettant un coup très bas à Suarez sur une action pourtant anodine, provoquant la colère de l’Uruguayen. Puis en étant clairement pris pour cible par Messi, coupable lui aussi d’une semelle dangereuse sur le bord de la touche. Preuve que Ramos n’avait pas le mot fair-play à la bouche, le champion du monde 2010 a justifié, sans aucune pression, que son équipe ne sorte pas le ballon en fin de match alors que Suarez était resté au sol. «Nous voulions gagner et on connaît bien Luis Suarez et c’est pourquoi je ne voulais pas que nous stoppions l’action. Nous ne sommes pas venus ici pour éduquer qui que ce soit. Nous sommes venus ici pour gagner», a clarifié l’Espagnol en zone mixte, n’hésitant pas à rappeler que Messi n’a cessé de mettre la pression sur l’arbitre, qui se serait «chié dessus» face aux Merengue. Des propos qui attestent de la difficulté d’arbitrer une partie où les joueurs n’ont rien fait pour apaiser le climat.

Zidane refuse le pasillo… mais congratule Iniesta

Faut-il s’en étonner ? Pas vraiment. Le ton de la partie avait été donné par le double champion d’Europe en titre quelques jours avant le match en refusant de réaliser le «pasillo», une tradition immuable en Espagne où le vainqueur de la Liga est accueilli par une haie d’honneur à son entrée sur le terrain. Hors de question pour Zinedine Zidane, qui n’a pas voulu plier le genou en expliquant que le Barça n’avait pas respecté cette tradition à l’aller en décembre alors que le Real venait de remporter le Mondial des Clubs. Reste que l’entraîneur français a finalement eu le geste le plus classe, à l’abri des caméras, en souhaitant bon vent à Andrés Iniesta dans les couloirs du Camp Nou. Un adieu d’une légende à une autre qui a élevé le niveau d’un Clasico plus excitant que prévu mais où les deux équipes n’ont clairement pas fait honneur à leur image. De quoi rappeler les confrontations épiques en José Mourinho et Pep Guardiola. Avec l’enjeu sportif en moins…n