Par Yazid Miloudi

L’enquête dévoilée hier par l’Office national des statistiques (ONS), concernant les salaires dans les entreprises publiques et privées, a donné des résultats très significatifs. Elle permet ainsi de voir plus clair dans le monde du travail en Algérie. Même si la « description » est en relation avec l’année 2019 (l’enquête a été réalisée en mai de la même année), cela restera un repère important pour toutes les activités.
Ce travail, mené auprès de 705 entreprises, 484 publiques et 221 privées, de 20 salariés et plus de tous les secteurs (ont été épargnés ceux en relation avec l’agriculture et l’administration), a ainsi montré les disparités salariales. Elles concernent essentiellement celles entre le secteur public et privé.
L’un des premiers résultats donnés par l’ONS est qu’il y a une différence de 24 300 dinars entre le salaire mensuel net moyen dans le secteur public
(58 400 dinars) et celui du secteur privé (34 100 dinars). Une disparité qu’on retrouve également lorsqu’on compare le salaire des cadres et des agents d’exécution. L’explication évoquée, pour cette différence « relativement élevée » est l’existence dans le secteur public d’entreprises de grandes tailles (en termes d’effectifs et de chiffres d’affaires) et qui ont un système de rémunération « avantageux ». Bien sûr, dans ce cas, on pense en premier lieu à Sonatrach, véritable poumon du pays, puisque l’Etat reste toujours dépendant des recettes pétrolières. D’ailleurs, l’enquête de l’ONS le confirme puisque ce sont les entreprises activant dans le secteur des hydrocarbures et services pétroliers qui ont pu « booster » cette disparité des salaires avec le secteur privé. Toutefois, il y a également celles activant dans les transports, les communications et les activités financières (toujours dans le secteur public) dont les salaires sont valorisés (surtout pour les cadres).
Une autre remarque s’est également imposée à la lecture de ce travail de l’ONS. Il s’agit de l’évolution globale des salaires entre 2018 et 2019. Elle a ainsi connu une hausse de 2%. L’évolution a été relativement plus importante dans le privé (2,28%) que dans l’autre « camp » (public), qui n’a augmenté « que » de 1,8%.
Cependant, il ne faut pas oublier que depuis le « déclenchement » de cette enquête (soit il y a deux ans et 7 mois) jusqu’à aujourd’hui, le monde a changé et l’Algérie avec. Il y a eu les retombées du Hirak, la « mort » du système bouteflikien, l’élection de Tebboune et, surtout, la Covid-19 avec toutes ses retombées sur l’économie. L’ONS sera très attendue dans le travail qu’elle effectuera pour 2020 et 2021.