Par Bouzid Chalabi
Maintenant que les laiteries publiques et privées sont suffisamment approvisionnées en poudre de lait pour la production de lait pasteurisé conditionné en sachet (LPS) subventionné, que les distributeurs de lait ont vu leur marge bénéficiaire passer à 2 DA par sachet livré aux détaillants et ces derniers bénéficié de 1 DA par litre vendu, il y a lieu de croire que la tension sur le lait qui date depuis fort longtemps, et particulièrement ces derniers mois, est à oublier à moins que d’autres entraves interviennent.
Pour l’heure, de nombreux distributeurs qui avaient jusqu’ici cessé toute activité face à une très faible marge de bénéfice, soit 0,80 DA le sachet de lait distribué, avouent qu’ils sont prêts à reprendre du service. C’est du moins ce qui ressort au sein de la Fédération nationale des distributeurs de lait en sachet, approchée hier par Reporters. «Avec une marge de 2 DA par sachet livré cela devient intéressant de reprendre cette activité que nombreux d’entre nous ont dû abandonner compte tenu des très faibles revenus que nous en tirions. Non sans parler des dures conditions de travail, entre autres, les longues attentes pour faire le plein de cargaison au niveau des laiteries publiques», témoigne notre locuteur. Il avoue que «certains, compte tenu de la faible marge de bénéfice, sont allés vers une autre activité liée à la chaîne du froid, tandis que d’autres ont mis en vente leur camion-frigo». Toujours est-il qu’au niveau de la fédération, cette augmentation de la marge bénéficiaire est encourageante. «Pour peu que les laiteries jouent le jeu, c’est-à-dire nous permettent de faire au moins quatre rotations par jour et non pas une, comme cela a été le cas jusqu’ici. On sera fixé dans quelques jours», indiquent les distributeurs.
Du côté du détail, les commerçants que Reporters a pu interpeller se disent prêts à reprendre la vente du lait en sachet. Pour la plupart, ils avaient cessé «du fait d’une dérégulation dans la fréquence de passage des livreurs et la faible marge de bénéfice, ainsi que les contraintes dues à la vente au détail du lait, notamment satisfaire toute notre clientèle. Ce qui était devenu quasi difficile», nous ont-ils expliqué. «Certes, la nouvelle marge de bénéfice est encourageante, mais reste à savoir si notre reprise de vente sera en continu et non pas marquée par des cassures dans la fréquence de livraison, comme auparavant, du coup ce sera un retour à la case départ», craignent les détaillants.
5 000 tonnes de poudre de lait supplémentaires
A propos de fréquence de passage des livreurs auprès des points de vente au détail, tout porte à croire que leur régularité sera assurée à partir du moment où le Directeur général de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil) Khaled Soualmia a affirmé, hier lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale Chaîne I, que «d’ici la fin du premier semestre, une quantité de 5 000 tonnes de poudre de lait supplémentaires sera mise à la disposition des laiteries du pays, soit 15 publiques et 104 privées. Le Directeur général a, par ailleurs, rappelé à cette même occasion que le pays dispose d’un stock stratégique de poudre de lait «lui permettant d’éviter le flux à la hausse actuelle des cours mondiaux de cette matière première». Sur ce dernier point, il a précisé que «la facture d’importation du lait en poudre, qui s’est élevée à 600 millions de dollars en 2021, va augmenter pour un même volume d’importation de 10 à 15 % en 2022».
A propos de volume d’importation, l’invité de la radio a indiqué que l’Onil ramène environ «200 000 tonnes par an, soit l’équivalent de
47 à 50% des besoins nationaux en cette substance, tandis que le reste est assuré par les laiteries privées».
Et de conclure que la révision à la hausse des quotas de poudre de lait destinés aux laiteries «va à coup sûr booster la production du lait subventionné et ainsi mettre fin à la tension sur ce produit de très large consommation indispensable aux gens à faible revenu». <