Un second vendredi meurtrier dans la bande de Gaza. Hier, cinq autres Palestiniens ont été tués et quelque 250 blessés par des soldats israéliens qui n’ont pas hésité à faire une nouvelle fois usage d’armes réelles pour contrecarrer les manifestations d’une population qui s’est rassemblée près de la barrière de sécurité, séparant le territoire israélien de l’enclave palestinienne, pour continuer à réclamer le retour des réfugiés et la fin du blocus de Gaza par l’occupant israélien.

Les cinq Palestiniens tombés hier sous les balles de l’armée criminelle israélienne rejoignent la liste des 19 martyrs tués par le même ennemi dans les mêmes conditions de confrontation inégale, une semaine auparavant, lors d’une marche de protestation de plusieurs milliers de manifestants marquant le 42e anniversaire du Jour de la terre. Une marche qui avait été réclamée par toutes les factions politiques et plusieurs organisations de la société civile palestinienne dans l’enclave assiégée et qui s’est finalement soldée par le plus lourd bilan de victimes parmi les Palestiniens depuis 2014.
Programmé pour durer six semaines pour réclamer le retour de quelque 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres, ce mouvement s’est exprimé pour le second vendredi de suite face à des autorités israéliennes toujours aussi acharnées et une armée à tirer à balles réelles sur tout ce qui bouge.
C’est dire que ni les condamnations qui ont suivi le massacre du 30 mars ni l’appel à une enquête indépendante, notamment celui formulé par l’ONU, n’ont pu faire reculer Israël dans sa lâche besogne qu’elle avait d’ailleurs menacé de poursuivre en prévenant dès jeudi, que les consignes de tir resteraient les mêmes. « S’il y a des provocations, il y aura une réaction des plus dures comme la semaine dernière. Nous n’avons pas l’intention de changer les consignes de tir », a lancé le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.
Se montrant inquiet des nouvelles victimes, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov a appelé les forces israéliennes à la « retenue maximale » et les Palestiniens à éviter les frictions. De son côté, l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, a fait encore preuve de mépris envers les Palestiniens en choisissant de « condamner les leaders et les manifestants qui appellent à la violence ou envoient des manifestants -y compris des enfants- vers la barrière, sachant qu’ils pourraient être blessés ou tués». La
désespérance dans la bande de Gaza, éprouvée par les guerres, le blocus, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, alimente la forte tension et le ressentiment.
Parmi les autres périodes à hauts risques entre Israéliens et Palestiniens figure mi-mai, où le transfert prévu de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Cette décision, annoncée en décembre par Trump, et qui va coïncider avec le 70e anniversaire de la création d’Israël, le 14 mai 1948, a ulcéré les Palestiniens qui veulent faire de Jérusalem-Est occupée et annexée par Israël, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.
Une annexion que l’ONU ne reconnaît pas, faut-il le rappeler.