Le cinéclub « Derb Cinéma » cuvée 2019 a démarré sur les chapeaux de roues au sein de la Cinémathèque Djamel Eddine-Chanderli (ex-Colisée) de Tlemcen, sous les airs de l’altérité, un thème cinématographique choisi pour ce mois. La séance s’est déroulée ce samedi 26 janvier dans sa deuxième projection mensuelle, illustrée par un film américain titré « Le limier » (2007), genre thriller (policier), réalisé par Kenneth Branagh. Le premier film, américain aussi, s’intitule « Douze hommes en colère » (1957) de Sidney Lumet. A noter dans ce cadre que « Le Limier » a fait l’objet d’un vote, via Facebook, de la part des adhérents dudit Cinéclub. Une petite performance artistique a précédé la projection en vue d’une enjolivure de l’audience hebdomadaire, pour ensuite laisser place à deux géants du grand écran, tous les deux issus de l’école britannique, Michael Cane et Jude Law. La performance est un théâtre de mimes « L’autre ? Quel autre ? » Très léger, où Younes Taleb Bendiab et Mehdi Benhamed tous deux également animateurs de Derb Cinéma, ont merveilleusement campé leurs personnages respectifs, dans un texte de Mohammed Dib imaginairement revisité par Kheireddine Malti et plusieurs membres de « La Grande Maison ». Fin du spectacle. Ecran noir. Milo Tindale frappe à la porte d’un certain Andrew Wyke, venant négocier avec lui un éventuel divorce de sa femme, que celui-ci refuse catégoriquement. Cela vous rappelle quelque chose ? Probablement rien pour les plus jeunes d’entre vous, ou même nous, puisque ce film n’est qu’un remake du fameux Sleuth (Le limier) de 1972, directement ajusté d’une pièce de théâtre du romancier et dramaturge Anthony Shaffer. Le film en question a été réalisé en 2007, par Kenneth Branagh, acteur et réalisateur britannique, dont on peut citer de son passé certaines pièces de Shakespeare et l’inoubliable Thor. La trame se passe à l’intérieur d’une maison d’un décor futuriste. Jude Law interprétant Milo Tindale, jeune comédien au chômage, entrant dans une rivalité et un jeu de rôles contre Andrew Wyke (Michael Caine), un riche auteur de polar, prêt à tout pour prendre sa vengeance (et peut-être même récupérer son épouse) qui vont, à eux deux, mener une intrigue qui a tout le contraire du linéaire, jusqu’à la fin, avec un scénario chargé autant de dialogues que d’actions. On peut dire que Branagh a eu une de ses idées à laquelle il ne faut pas trop songer, passer derrière un chef-d’œuvre (1972), devant une telle hauteur où la montée est souvent difficile. La bonne idée était de ramener une fois encore Michael Caine, qui avait joué trente-cinq ans plus tôt le rôle de Milo Tindale, contre Laurence Olivier, autrefois, interprétant Andrew Wyke. La différence entre les deux versions de Sleuth est surtout la durée qui est passée de 02H25 à 01h26, où le déroulement des scènes se passe plus rapidement favorisant beaucoup plus l’action. Notons aussi la décoration baroque de l’ancienne version. Pour revenir à l’altérité, on comprend d’après le scénario que les deux antagonistes se rencontraient pour la première fois, cela donne le suspense au spectateur de les découvrir en même temps qu’ils découvraient eux-mêmes, dans un jeu de rôle où chacun essayait de surprendre l’autre. La prochaine séance aura lieu jeudi prochain (31 janvier), avec au programme un ciné-concert, de longs-métrages et un court-métrage avec la présence d’un acteur et un réalisateur pour chaque projection, en l’occurrence Karim Moussaoui avec « En attendant les hirondelles » (2017) et Azzedine Kasri ainsi que Fahmi Guerbaâ pour « Timoura » (2018). Il faut savoir que Derb Cinéma est animé tour à tour par le trio Younès Taleb – Nadir Benhamed – Mehdi Benhamed, pour le compte de l’Association « La Grande Maison », alias Fondation Mohammed Dib, présidée par Mme Sabéha Benmansour.n