A l’instar du reste des espaces culturels en Algérie, l’année 2020 a été une année noire pour la Cinémathèque algérienne (Centre algérien de la cinématographie (CAC), qui a souffert de la pandémie de la Covid-19, étant contrainte de fermer ses portes aux cinéphiles depuis le mois de mars dernier. Dès lors, passant en mode numérique et digital dans une programmation plus virtuelle, l’année 2020 reste «une année à oublier dans les activités culturelles» comme le souligne le communiqué de la Cinémathèque qui dresse le bilan de cette année particulière.

Toutefois, dans ce communiqué parvenu à la rédaction, il est souligné que pour l’année 2020, la Cinémathèque algérienne a organisé 4 cinéclubs et 4 avant-premières entre le 1er janvier et le 11 mars et aussi 12 hommages, 7 célébrations et 9 cycles cinématographiques. Il y a eu aussi la publication de 16 articles sur le site de la Cinémathèque, 27 vidéos postées et 28 images d’archives de la Cinémathèque algérienne en hommage au cinéma algérien et mondial. Le Directeur de la Cinémathèque algérienne Salim Aggar nous confie, à ce propos, que «2020 a été une année difficile notamment sur le plan des recettes et la vente des tickets des projections. Pourtant, les trois premiers mois de l’année, on avait bien démarré avec des recettes en hausse et on s’attendait à une année florissante du point de vue financier, mais on a été stoppés d’un coup au mois de mars». Le Directeur de la Cinémathèque algérienne ajoute que «malgré tout, nous avons continué à alimenter nos réseaux digitaux avec les activités qu’on a l’habitude de faire en salle en présence du public». Il souligne à propos de cette expérience virtuelle que sur le plan économique, cela n’as pas été rentable car on n’a pas fait entrer de recettes. Mais sur le plan animations, on a essayé de survivre à cette pandémie en étant présents digitalement». Salim Aggar estime ainsi que «le point positif c’est que cela nous a permis de moderniser nos supports numériques et de connaître nos possibilités et capacités de diffusion numérique, bien que la Cinémathèque n’est pas dédiée à ce genre de programmation virtuelle». En effet, dès l’instauration du confinement à cause de la propagation du coronavirus et suite à l’instruction de la ministre de la Culture de fermer tous les espaces culturels et de transformer leurs programmes en mode virtuel, le CAC a commencé un programme de diffusion des programmes sur le net, repris par les responsables de toutes les salles de répertoire à travers leur pages facebook. C’est la direction du CAC qui rédigeait et diffusait les programmes et les activités sur les pages facebook du CAC, de la Cinémathèque algérienne et celle de la Bibliothèque de la Cinémathèque algérienne ainsi que sur le compte Twitter. Ces dernières sont reprises automatiquement par les autres pages des salles de répertoire, Béjaïa, Tizi-Ouzou, Tlemcen, Batna, Oran, Blida, Sidi Bel Abbès, Souk Ahras et Annaba. La Cinémathèque algérienne a également organisé en plein confinement, le premier concours d’Affiches de cinéma de son histoire. Le jury du concours présidé par Ahmed Bedjaoui a sélectionné les 15 meilleures affiches sur une soixantaine, puis récompensé les trois meilleurs. Il y a eu également au programme une exposition de films de la Révolution ainsi que plusieurs expositions diffusées dans le cadre du programme virtuel. La période de confinement a également permis à l’équipe du CAC de développer la chaîne Youtube de la Cinémathèque algérienne qui a réalisé, en l’espace de 8 mois, des chiffres importants et même «reçu les félicitations de Youtube». Créée le 3 juin 2019, la chaîne Youtube de la Cinémathèque algérienne a partagé, depuis sa création, 47 vidéos d’une durée de 124 minutes. Les spectateurs ont partagé ces vidéos 576 fois, engendrant 30 500 nouvelles vues. Il est à noter que les spectateurs ont passé 25 896 minutes à regarder les vidéos en 2020. n