Le long-métrage, «Zeus», de Paulo Filipe Monteiro, une coproduction algéro-portugaise, a été projeté mercredi soir à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh, en avant-première algérienne.

Le film, un biopic structuré autour de trois grands axes, dont une partie inspirée du roman «Maria Adelaide», s’intéresse au parcours du président de la République portugaise (1923-1925) et écrivain Manuel Teixeira Gomes, et notamment ses dernières années qu’il a passées à Béjaïa.

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«Zeus», long-métrage de 118 minutes, est une coproduction entre le Portugal et l’Algérie (HappyGenio, Centre national du développement du cinéma, Moussa Haddad Prod), dont l’avant-première a eu lieu mercredi dernier à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh. Le film s’intéresse au parcours du président de la République portugaise (1923-1925) et écrivain, Manuel Teixeira Gomes, «qui a choisi l’Algérie pour y vivre et pour y mourir». Organisé en trois grandes parties ou axes : sa présidence, ses années algériennes et la mise en images de son roman «Maria Adelaide», le film, non linéaire puisque construit «à la manière d’un puzzle» où s’alternent les périodes, s’ouvre sur les années de présidence de Manuel Teixeira Gomes, des «années agitées, marquées par la montée du fascisme, où le Président Gomes réussit, malgré les constantes révoltes militaires et la crise bancaire, à former des gouvernements réformistes». Attaqués par ses opposants notamment pour ses textes littéraires, considérés comme «une littérature érotique», et même s’il réussit «à imposer d’importantes réformes», il décide en décembre 1925 de démissionner et de quitter le Portugal à bord du navire de marchandises hollandais Zeus. Après une période dans le Sud algérien avec les nomades, il s’installe à Béjaïa et séjourne à l’hôtel «l’Etoile». Dans cet hôtel où Manuel Teixeira Gomes (interprété par le comédien Sinde Filipe) passera le reste de sa vie, et se liera d’amitié avec Amokrane (interprété par le comédien Idir Benaïbouche). 

Une amitié profonde qui s’est renforcée au fil des années. Cette partie sur les années algériennes de Manuel Teixeira Gomes est agrémentée par des séquences qui rappellent le contexte de colonisation et mettent en avant la montée du mouvement national. Si Gomes ne prend pas ouvertement position, il se montre ouvert d’esprit – son amitié avec Amokrane en témoigne notamment – et met en exergue son humanisme.
L’écrivain et homme politique vivra dans l’anonymat à Béjaïa jusqu’au jour où un journaliste portugais retrouve sa trace et lui rend visite pour l’interviewer.
La troisième grande partie du film est la mise en image du roman «Maria Adelaide», écrit à Béjaïa, et considéré comme un «chef-d’œuvre de la littérature portugaise». Cette partie s’intéresse à la passion d’un couple. La personnalité du personnage masculin telle que présentée dans «Zeus» se confond avec celle de Manuel Teixeira Gomes, ce qui donne plus de relief au film. Incarné par des comédiens algériens et portugais, «Zeus» s’appuie sur un scénario écrit par Paulo Filipe Monteiro, en collaboration avec Luís Mário Lopes, et coécrit avec Amina Bedjaoui-Haddad et Nabil Ziani. En outre, le film, tourné entre Béjaïa et Djanet (Illizi), «permet aussi un langage cinématographique contemporain, stimulant l’attention du spectateur par le jeu d’alternances entre les trois blocs, tout en lui donnant suffisamment la main pour qu’il ne se perde pas».