Place au cinéma ! Le 8e Festival international du cinéma d’Alger (Fica 2017), un événement dédié au film engagé, s’est ouvert vendredi dernier en soirée à Alger. La levée de rideau s’est accompagnée de la projection du documentaire «Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté» en hommage au parcours de ce militant suisse contre les inégalités et la domination des opprimés par les puissants.

Ce film du réalisateur suisse, Nicolas Wadimoff, est revenu sur le long et atypique parcours de Ziegler, une personnalité politique attachante, connue surtout pour ses idées de gauche, altermondialistes récemment, ainsi que pour sa formation de sociologue. Il est connu en Algérie pour ses écrits durant les années soixante-dix dans la défunte revue «Afrique Asie» ainsi que ses positions de défense de la cause palestinienne. Le documentaire de Wadimoff, 1 heure 30, sorti en 2016, fait par un cinéaste suisse qui a le cœur à gauche comme il se plait à se définir lui-même, qui vit à Montréal pour l’anecdote, qui a déjà fait un beau documentaire sur Gaza «Aisheen (Still Alive in Gaza)» et «L’Accord», consacrés à la Palestine, sur les quartiers défavorisés de Marseille avec «Spartiates», est un portrait de celui qui dénonce «l’ordre du monde cannibale». Il suit Jean Ziegler dans les travées des Nations unies à la commission des droits de l’homme dont il est vice-président ou lors d’un voyage à Cuba. Un beau film en tout cas (lire article de Sihem Bounabi) gâché toutefois par l’absence de M. Ziegler, plus de 80 ans aujourd’hui, à Alger. «Jean Ziegler, qui est vice-président de la commission des droits de l’homme à l’ONU, doit participer à une réunion à New York et n’a malheureusement pas pu venir (…) mais ce que je peux dire c’est qu’il aurait été heureux d’être parmi nous», nous expliquera la commissaire du festival, Zehira Yahi qui lira une lettre de l’infatigable militant des droits de l’homme. Pour le FICA 2017, qui continue jusqu’au 8 décembre, les déclarations du ministre de la Culture,
Azzeddine Mihoubi, présent à l’ouverture, font souffler un vent d’optimisme sur l’évènement à l’heure où la rigueur menace l’existence de plusieurs festivals dans le pays. «Quand on arrive à la huitième édition, il n’y a plus de retour en arrière», a-t-il déclaré en affirmant que le festival du film engagé d’Alger sera là l’année prochaine. En raison de la qualité des films qu’il propose. «Le festival international du cinéma d’Alger s’est imposé, il devient un évènement incontournable d’année en année (…) La crédibilité qu’il a acquise fait que les professionnels veulent y participer», a ajouté Azzeddine Mihoubi dans une déclaration antérieure, Zehira Yahi a indiqué à Reporters qu’en 2016, le Festival n’avait pas obtenu de budget auprès du ministère de la Culture. Cette année ainsi que pour celle qui vient le ministre s’est engagé à aider le festival (…) néanmoins le budget ne suffisait pas, nous avons donc continué à chercher des sponsors. En plus des anciens qui continuent à nous soutenir nous avons obtenu une aide de Sonatrach». A l’ouverture du festival, encore, un hommage a été rendu au cinéaste Rachid Bouchareb, ainsi qu’au photographe et cameraman de guerre yougoslave Stevan Labudovic, récemment disparu et auquel sera consacré «prochainement» un colloque, a annoncé le ministre de la Culture pour restituer le travail qu’il a effectué dans notre pays durant la guerre de Libération «au péril de sa vie».
Le FICA 2017 sera l’occasion, pour le public, de voir 18 œuvres en compétition: 9 documentaires et 9 longs métrages de fiction, en plus de six courts métrages. Les films algériens «En attendant les hirondelles» de Karim Moussaoui, «Nous n’étions pas des héros» de Nasredine Guenifi et «Tes cheveux démêlés cachent une guerre de 7 ans» de Fatima Sissani sont en course avec des œuvres comme «Molenbeek, génération radicale» (Belgique), «Ciel rouge» (France), «Maman colonel» (Congo) ou encore «Kemityu Cheikh Anta» (Sénégal).