Le biopic historique sur Larbi Ben M’hidi n’est pas près de sortir en salle ! Et pour cause. Très attendue par les cinéphiles, la programmation de «Larbi Ben M’hidi» du réalisateur Bachir Derrais rencontre des difficultés de postproduction.

Des responsables de l’équipe de production nous ont précisé hier que le film était toujours dans l’attende d’une dérogation permettant la finalisation de sa postproduction à l’étranger ; celle-ci nécessitant, selon la même source, l’utilisation d’un matériel «qui n’existe pas en Algérie». En effet, la situation, pour le moment, est au point mort, bien que des discussions soient en cours. Le fond du problème avait pourtant déjà été soulevé par le réalisateur dès la fin du mois de novembre 2017 ; expliquant, en réponse aux attentes du public et de la presse, et alors même qu’une première version du film était terminée «depuis deux mois», que «malheureusement, par manque de certaines installations techniques en Algérie, de certains techniciens aux normes internationales, nous sommes obligés de recourir à des prestataires techniques à l’étranger». Le film, produit pour le compte des ministères de la Culture et des Moudjahidine, devait sortir en mars 2017, une diffusion qui devait coïncider avec la commémoration des 60 ans de l’assassinat de Larbi Ben M’hidi. Or, le principal obstacle à recourir à un prestataire étranger réside dans la législation régissant les transferts de fonds à l’étranger : «Le film est prêt (…) mais la production de films destinés à une vraie programmation en salles dans notre pays, à l’exportation, aux festivals internationaux, demande une économie stricte et des moyens techniques précis», affirme M. Derrais, ajoutant que la production avait ainsi besoin d’une «autorisation spéciale» pour le «transfert à l’étranger de devises (dollars, euros) aux fins d’honorer les prestations techniques inexistantes encore chez nous». Ce nouveau retard s’ajoute ainsi aux nombreux contretemps qu’aura connus le projet du film. Bachir Derrais avait regretté, en novembre 2016, alors qu’il supervisait le tournage des dernières séquences à Alger, que le budget relativement modeste du film (estimé au total à près de 4 millions d’euros), l’avait contraint à stopper le travail durant plus de huit mois : «Quand on a enfin réussi à commencer le travail, avec deux ans de retard, nous avons subitement perdu entre 15 et 20% de notre budget à cause de la chute de la valeur du dinar, et la flambée du prix d’achat des devises (…) Beaucoup de sponsors ont revu leurs promesses à la baisse, certains les divisant par quatre. On a donc été obligé d’arrêter le tournage durant huit mois jusqu’au moment où le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a pris en charge les choses».