Dévoilée mardi dernier par l’Académie des oscars, la liste finale des œuvres sélectionnées pour la 89e édition de la plus prestigieuse des distinctions cinématographique, prévue le 26 février prochain dans la ville de Los Angeles, a largement confirmé la domination du film La La Land, la comédie musicale de Damien Chazelle, sélectionnée dans 14 catégories dont celles du « meilleur film », du « meilleur réalisateur » mais aussi de « la meilleure actrice » et du « meilleur acteur » pour les prestations d’Emma Stone et Ryan Gosling. 

Film rejoignant ainsi la liste des longs métrages les plus nominés de l’histoire des oscars, à l’image des films Titanic, de James Cameron, ou Eve, de Joseph Mankiewiez, La La Land a, par ailleurs, été retenu en compétition pour l’Oscar du meilleur film aux côtés de huit autres réalisations dont Fences, de Denzel Washington, Arrival, de Denis Villeneuve, Moonlight, de Berry Jenkins et Tu ne tueras point, de Mel Gibson. Des long métrages où il a été souligné par les observateurs du cinéma américain que la proportion d’acteurs afro-américains est notablement plus importante que lors des précédentes éditions, un moyen, ajoute-t-on, pour l’Académie américaine des arts et sciences du cinéma de faire taire les accusations de « manque de diversité » ayant fait polémique ces dernières années. La sélection officielle des Oscars 2017 retient par ailleurs cinq longs métrages dans la catégorie du « meilleur film étranger », notamment Toni Erdmann, de Maren Ade, ou Le Client, d’Asghar Farhadi. Il est également à rappeler que la préparation de la compétition de l’Oscar 2017 du meilleur film étranger avait été marquée par la demande de participation du film Le Puits, de Lotfi Bouchouchi, parmi un total de 85 films internationaux. En effet, sa participation ayant suscité des espoirs après l’annonce de sa présélection en septembre dernier, le réalisateur avait cependant laissé entendre, trois mois plus tard (en décembre), que le ministère de la Culture n’avait pas suffisamment soutenu la promotion du film. Lotfi Bouchouchi affirmait ainsi que la campagne de promotion du film aux Etats Unis « n’a pas bénéficié du soutien financier nécessaire à sa réussite ». Ajoutant que Le Puits n’a bénéficié que de soutiens financiers avancés par des entreprises publiques et privées dont l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA). Des accusations « irrecevables » auxquelles le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi avait répondu, en soulignant que le film avait été projeté dans 23 wilayas du pays mais aussi à New York, Los Angeles et Lille, grâce à « l’appui » de l’ambassade d’Algérie aux Etats-Unis, ainsi que du Consulat général d’Algérie à Lille (France). Une réponse du ministère de la Culture rétorquant, par ailleurs, que les accusations du réalisateur témoignaient d’un « orgueil démesuré », et qui avait été de rendu public de façon très symbolique, le 20 décembre, je jour où l’Académie des Oscars avait annoncé une première short-list écartant notamment le film de Lotfi Bouchouchi.