John Hurt, acteur britannique aux mille visages, dont celui resté célèbre pour son rôle de John Merrick dans « Elephant Man », s’est éteint à son domicile de Norfolk (est de l’Angleterre) à 77 ans des suites d’un cancer du pancréas, a annoncé son épouse samedi. « C’est avec une tristesse infinie que je confirme que mon époux, John Vincent Hurt, est décédé mercredi 25 janvier à son domicile de Norfolk », indique Anwen Hurt dans un communiqué transmis à l’AFP.


L’acteur, qui incarnait Monsieur Ollivander dans « Harry Potter à l’école des sorciers », avait aussi joué le rôle du second officier Kane dans « Alien » et le premier rôle dans « 1984 ». Il avait été nommé deux fois aux Oscars, pour son second rôle dans « Midnight Express » (1978) d’Alan Parker sur un scénario d’Oliver Stone au côté de Brad Davis jouant le personnage réel de William Hayes, touriste américain détenu dans les geôles turques, et pour son premier rôle mémorable dans « Elephant Man », deux ans plus tard, sous la direction du débutant et déjà génial David Lynch.
Sa performance dans « Midnight Express » , un film écrit d’après le livre de William Hayes, resté dans les mémoires grace à la bande musicale de Giorgio Moroder, lui avait valu d’être récompensé aux Bafta Awards, les récompenses annuelles britanniques du cinéma et de la télévision, et d’obtenir le Golden Globe du meilleur second rôle.
L’acteur américain Elijah Wood (alias Frodon dans la trilogie «Le Seigneur des anneaux»), a rendu hommage à l’acteur britannique sur Twitter : « Très triste d’apprendre le décès de John Hurt. Ce fut un honneur d’avoir regardé vos films, Monsieur ». « John Hurt a été l’un des plus puissants, généreux et authentiques acteurs avec qui j’ai travaillé. Un homme remarquable. Tu vas nous manquer », a réagi l’acteur américain Chris Evans sur Twitter, au milieu d’autres hommages d’anonymes.
« Si triste d’apprendre que l’immensément talentueux (…) John Hurt est mort », a tweeté l’écrivain britannique J.K. Rowling, auteure de la saga « Harry Potter ».
Souvent engagé pour des seconds rôles, John Hurt, né le 22 janvier 1940 près de Chesterfield, au coeur de l’Angleterre, fils de vicaire anglican, s’était d’abord destiné à une carrière de professeur de dessin. Il intègre finalement la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art (RADA) de Londres, avant de débuter dans des productions britanniques dans les années 1960.
Sa carrière décolle définitivement à la fin des années 1970 avec ses rôles successifs dans « Midnight Express » et « Alien, le huitième passager » de Ridley Scott. John Hurt aura joué en tout dans quelque 140 films, et aura été présent à l’écran lors de nombreuses apparitions dans des séries télévisées, dont la série britannique culte « Doctor Who ». Il a joué sous la direction de prestigieux metteurs en scène tels Lars Von Trier pour « Melancholia » ou Jim Jarmusch pour « Only lovers left Alive ». Pour notre part, le dernier coup de maitre qu’il a réalisé aura sans doute son rôle dans « La Taupe », adaptation d’un roman de John Le Carré par Thomas Alfredson en 2012, au côté de Gary Oldman en maitre espion George Smiley.
L’acteur a remporté quatre Bafta au cours de sa longue carrière. Il avait été anobli par la reine Elizabeth II en 2014. Son cancer du pancréas avait été diagnostiqué en 2015, mais l’acteur n’avait pas renoncé au cinéma. Pour son dernier rôle, il a incarné le père Richard McSorley dans le biopic de Pablo Larrain « Jackie », l’histoire de l’ex-Première dame des Etats-Unis Jackie Kennedy, sorti en décembre aux Etats-Unis et incarnée par Nathalie Portman.
Il avait toutefois dû renoncer en juillet dernier à un rôle qui lui avait été proposé dans une pièce de théâtre, sur avis de ses médecins.
« C’est avec une grande tristesse et une grande déception que je dois renoncer », avait-il dit alors.

Emmanuelle Riva, l’inoubliable actrice d’Hiroshima mon amour

L’actrice française Emmanuelle Riva, qui a notamment tourné dans « Hiroshima mon amour » du réalisateur Alain Resnais et dans « Amour » de l’Autrichien Michael Haneke, est décédée à 89 ans. La comédienne est morte vendredi à Paris « des suites d’une longue maladie », selon cet entourage qui n’a confirmé qu’hier samedi une information du journal Le Monde.
« Jusqu’au bout, elle a été active», a souligné son agent Anne Alvares Correa. L’automne dernier, l’actrice avait ainsi donné une lecture à la Villa Médicis, prestigieuse institution artistique française à Rome, a-t-elle rappelé.
Emmanuelle Riva avait aussi tourné assez récemment dans un film, « Paris Pieds nus » de Fiona Gordon et Dominique Abel, qui doit sortir en mars sur les écrans. « Emmanuelle Riva était une femme bouleversante, une artiste à l’exigence rare. C’est une voix inoubliable qui s’en va. Une voix habitée par l’amour des mots et de la poésie », a déclaré Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). D’ « Hiroshima mon amour » (1959) à « Amour » (2012), « elle fut l’une des actrices les plus audacieuses du cinéma français », a ajouté Mme Bredin dans un communiqué. Emmanuelle Riva avait reçu en 2013 le César (les Oscars français) de la meilleure actrice pour le film « Amour ».
F. A.