Le cinéclub Cinuvers boucle l’année 2017 en consacrant le mois de décembre à la projection d’œuvres 100% «Made In Bladi». A l’affiche, ce vendredi, «That Lovely Life» de Rami Aloui, «A l’ombre des mots» d’Amel Blidi, «Je suis là» de Farah Abada et «Nweli» de Amine Kabess.

Dans le cadre du cinéclub Cinuvers, organisé chaque vendredi à la salle Zinet par Nabil Aït Saïd et Redouane Khalil Madani, soutenus par toute une équipe, le cycle du mois de décembre est consacré au cinéma algérien avec la découverte de nouveaux talents. A propos du choix de ce cycle, Redouane Khalil Madani confie que «cela fait un moment qu’on avait envie de le programmer. On attendait juste le bon moment avec le bon public et c’était le meilleur moment pour clôturer l’année. Faut dire aussi qu’on a d’excellents talents qui ne demandent qu’à être dénichés».
Nabil Aït Saïd souligne, pour sa part, qu’il s’agit «tout simplement de montrer qu’en Algérie il y a des jeunes très prometteurs qui, avec très peu de moyens, font des choses magnifiques. Des œuvres très touchantes et avec beaucoup de finesse. On y retrouve l’authenticité du cinéma, du vrai». Il ajoute que la sélection s’est faite par des films appréciés lors d’événements auxquels ils ont assisté, d’autres à travers des connaissances et d’autres le fruit de hasard.
Ainsi à l’affiche de ce 14 décembre, les courts métrages «That Lovely Life» de Rami Aloui, «A l’ombre des mots» d’Amel Blidi, «Je suis là» de Farah Abada et «Nweli» d’Amine Kabess. Comme à l’accoutumé, l’ouverture des portes se fait à 17h30 et pour un ticket de 200 DA vous avez des boissons et des gâteaux gratuits dont de succulents brownies fait maison, ainsi que l’accès à la bibliothèque de Cinuvers avec un large choix d’ouvrages dont l’emprunt et également gratuit pour les adhérents. Quant au début de la de la projection, elle est prévue à 18H30. Nabil Aït Saïd souligne, à propos de l’affiche de ce vendredi, que «Le court métrage «That Lovely Life», de Rami Aloui, jeune étudiant en cinéma, est d’une finesse incroyable. «A l’ombre des mots» d’Amel Blidi et aussi très touchant, très expressif et traite des sourds-muets».
Des débats reflétant
une société
en mutation
Pour rappel, Cinuvers existe depuis trois années et œuvre à être un espace dédié aux cinéphiles, dans un esprit d’échange et de rencontres autour de passions communes, telles que le cinéma, la littérature et la musique. Ceci avec comme concept «le cinéma est un prétexte pour communiquer, échanger, partager l’art ou la culture, en général».
Selon les organisateurs, la première séance du cycle, qui s’est déroulée le 1er décembre passé, a été forte d’émotions et de découvertes tant par la qualité des œuvres projetées que les débats entre les réalisateurs présents et les cinéphiles.
A l’affiche de cette première séance, «Dr Fatma» de Youmbi Narcisse, «Birds» de Louisa Beskri et «LapseKey» de Reda Dekar. Les deux acolytes accordent leur violon pour estimer que «séance après l’autre, ceux qui assistent ont de plus en plus envie de découvrir ce que la prochaine réunion leur réserve». Ajoutant que «le tout reste très enrichissant, autant pour nous que pour le public. Et la magie de ce cycle, c’est que les réalisateurs aussi en profitent».
Ils tiennent aussi à préciser que lors du lancement du cycle : «Nous avons eu le privilège d’avoir parmi notre public Karim Moussaoui, réalisateur de «En attendant les hirondelles». Ce fut un plaisir de l’avoir parmi nous et d’avoir pu compter sur son soutien et sa contribution qui ont énormément enrichi le débat.» La même ambiance a marqué la deuxième séance qui s’est déroulée, vendredi passé, avec un programme riche en nostalgie et émotions. Au programme «El Yatim», de la très prometteuse Asma Guergour, et «Nostalgie de la ville d’Hussein Dey», par Abdellatif Aliane ou «l’art de la découverte par le cœur».
Ainsi, il y a eu beaucoup de sujets qui sont ressortis lors des débats, tels que celui de la place de la femme dans la société, la santé, les relations humaines, les problèmes de quartiers et la sauvegarde de ces derniers, les problèmes familiaux et les problèmes de gens nés sous X. Chaque débat durait plus que le film qui le suscitait.
Pour Redouane Khalil Madani, «le travail le plus impressionnant était celui de «LapseKey», de Reda Dekar. «Ce qui est impressionnant, c’est le travail technique et toute la symbolique du sujet traité assez bien faite. D’ailleurs beaucoup de participants avaient félicité le réalisateur en lui conseillant même de se lancer dans le long métrage.»
Pour l’affiche de la clôture de ce cycle, prévus le 22 décembre prochain, les organisateurs promettent une belle surprise qui ravira les cinéphiles et nourriras les débats. La fin de cycle, et comme de tradition, se déroule avec le concept de «ciné-dîner» où les spectateurs peuvent amener leurs plats cuisinés ou cotiser pour le dîner.
Au final, Nabil Aït Saïd tient à mettre en exergue le fait qu’il existe un véritable vivier de jeune réalisateurs et cinéastes talentueux et créatifs. Soulignons qu’ «aujourd’hui, il s’agit de trouver des solutions afin de construire un réel renouveau dans l’industrie cinématographique, hélas non exploité en Algérie». Ajoutant : «Pourtant, nous avons tout ce qu’il faut comme ressources humaines. Le pays entier est un décor magnifique et diversifié, mais nous manquons cruellement de structures pour former ces jeunes qui, déjà pour la plupart autodidactes, arrivent à faire des merveilles.»