Un appel a été lancé à partir de Tizi-Ouzou, par des chercheurs en histoire du cinéma, au ministère de la culture et des arts, pour récupérer le premier long-métrage professionnel en Tamazight «La colline Oubliée», adapté du roman éponyme de Mouloud Mammeri, détenu actuellement, par le co-producteur français.

Lors d’un forum diffusé jeudi soir par la radio locale en hommage au réalisateur Abderrahmane Bouguermouh, décédé en 2013, l’universitaire et chercheur en histoire du cinéma, Latifa Lafer et sa consœur Souad Koudri, ont lancé un appel insistant pour la récupération par l’Algérie, de cette œuvre cinématographique qui se trouve actuellement en France. Mohand Ouchabane et Souad Koudri ont déploré, lors du forum animé par le critique du cinéma et ancien directeur de la cinémathèque d’Alger, Abderrahmane Hacène El Hadj, que le film-fiction de 135 mn, détenu par le co-producteur en France, ne soit pas récupéré par l’Algérie. «Aujourd’hui ce film est en France et est devenu la propriété des français, je veux lancer donc un appel aux autorités compétentes, dont le ministère de la culture et des arts, afin de le récupérer», a expliqué ouchabane. De son côté Mme Koudri a joint sa voix à celle de cet acteur pour demander que «des démarches soient engagées par le ministère de la Culture et des arts pour récupérer le film et le répertorier en tant que chef-d’œuvre algérien». Ce Forum, auquel étaient présents deux fils du défunt cinéaste, Zahir et Sofiane et d’acteurs qui ont joué dans ce film, Slimane Hamel et Mohand Ouchabane, a été l’occasion pour les participants d’évoquer le parcours du combattant pour la concrétisation du premier projet cinématographique d’expression Amazigh. Parcours semé d’embûches, en 1968, avec le dépôt du scénario du film avec la mention que ce film ne doit être réalisé qu’en Kabyle, a témoigné M. Hacene El Hadj. «Après avoir réussi à obtenir que ce long-métrage soit réalisé en Kabyle dans le sillage de l’ouverture démocratique en 1988, Il fallait trouver les financements nécessaires pour ce projet car la subvention accordée par le trésor public était insuffisante», a observé ce même intervenant. Il a rappelé l’impressionnant élan de solidarité de toute une région, la Kabylie, pour la concrétisation du Film «La colline oubliée». «La mobilisation générale des citoyens de la Kabylie a permis à Bouguermouh de faire son film», a insisté Hacène El Hadj, qui a souligné que «la majorité des donateurs étaient de condition modeste». Pour sa part, Latifa Lafer a abordé le côté esthétique et «poétique» de ce long métrage en relevant que «Toute la force esthétique du film est dans la première séquence», ajoutant que Bouguermouh a construit son propre récit cinématographique tout en respectant le roman de Mouloud Mammeri. Zahir Bouguermouh a souligné quant à lui le grand succès de «La colline oubliée» à sa sortie dans les salles de cinéma en Algérie, en 1997, ou de foules nombreuses venaient pour voir la projection, ajoutant qu’en France, le film a été classé troisième au box-office pendant plus de dix jours, avant La Guerre des étoiles, classé quatrième. (APS)