Dans le cadre de ses ciné-clubs, la Cinémathèque et le Centre national de la cinématographie et de l’audiovisuel (CNCA) ont tenu à rendre hommage au réalisateur Djamel Bendeddouche en projetant son film culte «Ali l’indigène», produit en 2007, devant une nombreuse assistance. Ce long-métrage d’une heure trente dresse le portrait de Arezki, un rebelle et insoumis. Le contexte historique de l’époque était celui de la colonisation. Bendeddouche a donc mis les méchants caïds et les colons français, d’un côté, dans leurs demeures cossues, et le rebelle Arezki et sa bande, de l’autre. Le public a découvert, également, Albertine Auclair, jeune journaliste à Paris, qui débarque en Kabylie pour écrire un article sur l’Algérie du pittoresque et se recueillir sur la tombe de son père, officier de l’armée coloniale. Elle rencontre Arezki, qui est bûcheron dans un chantier de démasclage. Ses rapports avec le chef du chantier sont très tendus jusqu’au jour où, suite à une provocation, Arezki, lui assène un violent coup et provoque la mort brutale du chef de chantier. Le film tourné à Yakouren, en Kabylie, à Alger et à Sidi Bel-Abbès, est une belle fresque historique, sauf que sa ligne de conduite répond à des clichés à outrance, comme celui des caïds en burnous rouge montant à cheval et s’entretenant à leur aise avec l’administration coloniale. Le réalisateur est revenu, dans le débat, qui a suivi la projection, sur les coulisses du tournage et les problèmes rencontrés au début du film concernant l’équipe technique algérienne qui était très exigeante. «Quand j’ai mis en place les préparations du film, j’avais une équipe complètement algérienne, mais chacun me demandait des sommes que je n’avais pas. Car avant de démarrer le tournage je n’avais pas un radis et j’ai commencé avec mon propre fonds pour les costumes et le repérage. Alors, j’ai décidé de les renvoyer et d’engager une équipe technique française qui m’a coûté dix fois moins cher et avec un travail dont vous avez vu le résultat», dira-t-il. Il affirme à ce sujet que «j’ai dû vendre ma maison pour tourner ce film». D’autre part, le réalisateur souligne qu’«à l’époque, nous avons fait beaucoup de repérages, mais aucun village ne correspondait à mes attentes, car je cherchais un village qui n’avait pas d’électricité». Et pour le choix des comédiens, il souligne : «Mon expérience de comédien a beaucoup servi pour trouver des comédiens qui correspondaient aux personnages mais la plupart étaient amateurs. » Le réalisateur précise aussi que «le personnage d’Arezki était très médiatisé à l’époque, des journalistes sont venus même de Paris pour parler avec lui, quand il était à la prison de Serkadji».