L’industrie du ciment en Algérie continue à tracer sa voie vers le marché extérieur, à travers des exportations qui gagnent constamment en volumes et, partant, en recettes.

De très forts gains même pour l’année 2019, dont les 11 premiers mois se sont soldés par des exportations à valeur de 59,24 millions de dollars, soit une progression fulgurante de 239,20 % par rapport à la même période de 2018, indiquent les statistiques de la direction des études et de la prospective des Douanes (DEPD). Ces recettes ont représenté 2,51% des exportations globales hors-hydrocarbures (EHH) du pays, contre 0,65% durant la même période de comparaison. A ce rythme de progression, les exportations de ce matériau de construction pour l’ensemble de l’année 2019 devraient dépasser les 60 millions de dollars avancés, en novembre dernier, par le ministère du Commerce. Un rythme qui voit l’Algérie passer progressivement du statut de gros importateur de ciment à celui d’exportateur et ce, à la faveur des nombreux investissement réalisés dans la filière, ces dernières années, portant les capacités locales en ce produit à 40 millions de tonnes/an, qui lui permettent d’exporter jusqu’à jusqu’à 20 millions de tonnes. Outre le ciment, cinq produits ont réalisé des performances encourageantes à l’export, entre janvier et novembre de l’année qui vient de s’achever, soit 74,57% du total hors hydrocarbures, fait savoir encore la DEPD, citant les engrais minéraux ou chimiques azotés avec une part de 30,99%, les huiles et autres produits provenant de la distillation des goudrons (18,46%), l’ammoniac anhydre (11,75%), les sucres de canne et de betteraves (10,55%) et les phosphates de calcium naturels 2,82%. Néanmoins, les EHH restent marginales sur les onze mois de l’année dernière avec 2,362 milliards de dollars, ce qui représente 7,24% du volume global de l’ensemble des exportations algériennes, contre 2,675 milliards de dollars à la même période en 2018, en baisse de 11,7%. Pour rappel, en vue de dynamiser les exportations algériennes et afin de les promouvoir, des représentants de groupes industriels publics avaient souligné, le 24 décembre dernier, que le renforcement de la capacité concurrentielle du produit national au niveau des marchés extérieurs était essentiellement tributaire de la levée des obstacles logistiques, notamment en matière de transport. Lors d’un Atelier organisé en marge de la 28e édition de la Foire de la production nationale, sous le thème « L’entreprise publique face aux défis de l’exportation », ses représentants ont estimé impératif, pour augmenter la capacité concurrentielle des groupes publics en matière d’exportation, de lever les obstacles logistiques et réduire les coûts du transport, notamment des prestations portuaires. Dans ce sens, le représentant du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA) Azzedine Asfirane a relevé que les procédures relatives au transport des marchandises à exporter de l’usine au port constituent un obstacle majeur dans les opérations d’exportation. Les coûts élevés du transport des marchandises en quantités importantes au niveau des ports et le chargement sur les bateaux engendrent de lourdes charges pour le Groupe, a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de revoir à la baisse ces coûts en vue de dynamiser les exportations. A cet effet, il a plaidé pour l’autorisation des compagnies algériennes d’ouvrir des filiales à l’étranger pour une meilleure gestion du transport et de réaction en cas d’urgence.