L’Algérie, en guerre contre la fièvre des importations qui ne retombe pas, tente désormais un léger rééquilibrage de ses comptes avec l’extérieur en s’appuyant davantage sur le levier de l’export.

Ce métier a trop longuement souffert de la nonchalance des pouvoirs publics du temps où le brut culminait à plus de 100 dollars le baril. Très clairement, bon nombre d’entreprises ont décidé de réorienter désormais le gouvernail vers les marchés extérieurs. Cela est rendu possible après la levée, par le gouvernement, du dispositif des licences à l’exportation, un frein à la fois administratif et réglementaire qui dissuadait les opérateurs nationaux à tenter le défi de l’export. Le gouvernement s’est rendu à l’évidence que la diversification des ressources en devises se pose désormais en urgence pressante, à l’heure où les revenus des hydrocarbures fondent comme neige au soleil. Après les légumes et le ciment gris, nombre d’opérateurs se bousculent au port d’Arzew, en attente d’expédier des marchandises de tous genres vers les marchés extérieurs.
Des cargaisons de fer et d’acier et autres produits liés aux matériaux de construction seront exportés dans les prochains jours à partir du port d’Arzew (Oran) vers des pays africains et arabes.
L’opération d’exportation comprend des plaques de gypse produits par le complexe Knauf situé dans la région de Hassiane Toual, le fer destiné à la construction produit par le complexe Tosialy Algérie de Bethioua (Oran), selon quelques détails fournis par l’entreprise portuaire d’Arzew, qui n’a pas précisé les quantités concernées par ces opérations d’exportation. Le port d’Arzew enregistre une dynamique commerciale grâce à la programmation des exportations de plusieurs produits liés à la construction, notamment le ciment, fer, plaques de gypse et autres produits pour diversifier les exportations hors hydrocarbures vers les marchés étrangers, a-t-on souligné. Acculé par une crise financière née de la chute des revenus d’hydrocarbures, le gouvernement redécouvre depuis peu les vertus de l’export.
Depuis Biskra, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a indiqué récemment que «la mesure qui obligeait les opérateurs à demander une autorisation d’exporter leurs produits a été levée».

Levée des contraintes
Désormais, « il n’y a plus aucun obstacle à l’export », a déclaré récemment le ministre de l’Industrie et des Mines, en indiquant que cette décision de libérer l’acte d’exporter a été prise « il y a quelques jours » par le gouvernement Ouyahia.
Une décision de bon sens, mais que le gouvernement aurait dû prendre depuis bien longtemps afin de limiter les déficits de la balance des paiements. Ce qui est encourageant est que cette décision est suivie illico presto de mesures d’accompagnement concrètes au profit des opérateurs. A Biskra, une région à forte potentiel agricole et qui couvre une bonne partie des besoins nationaux en produits agricoles frais, les pouvoirs publics s’affairent à doter l’aéroport d’une piste destinée à l’atterrissage des avions cargo. C’est par cette région que le pays acheminera ses premières cargaisons de fruits et légumes à destination du marché français et européen. En outre, l’entreprise portuaire d’Arzew, par où est partie la semaine dernière la première cargaison de ciment gris, affirme fournir des facilités aux entreprises désirant exporter leurs produits vers les pays africains et arabes, dans le but de créer une dynamique commerciale et d’encourager les exportations à accéder aux marchés extérieurs. De telles opérations devront réduire également la facture d’importation de matériaux de construction, l’introduction de devises et la diversification des exportations hors hydrocarbures, estiment les responsables de l’entreprise portuaire d’Arzew, repris par l’agence APS. De son côté, le ministère du Commerce fournit de grands efforts pour accompagner les opérateurs économiques publics et privés en facilitant les opérations d’exportation, en particulier vers les pays d’Afrique de l’Ouest et le bassin méditerranéen. Pour rappel, un premier chargement de ciment gris de 16 600 tonnes a été exporté la semaine dernière vers le port de Banjul (Gambie) en Afrique de l’Ouest), par la société Lafarge Holcim Algérie, dont le siège est basé dans la région d’Oggaz dans la wilaya de Mascara.