Le sujet des subventions demeure toujours épineux en Algérie. Le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane vient ainsi de l’évoquer (avec les mêmes constats que ses prédécesseurs). Les chiffres sont d’ailleurs là pour attester que les subventions coûtent très cher à l’Etat. Annuellement, c’est 15 milliards de dollars pour les produits énergétiques (carburants, gaz et électricité), 5 milliards de dollars pour l’habitat (et les différentes formules de logement) et 4,5 milliards de dollars pour les produits de base, ainsi que 3,2 milliards de dollars pour la santé. Une simple opération de calcul donne une idée sur les moyens financiers engloutis par les subventions. Il s’agit tout de même de 27,7 milliards de dollars. Rien que ça ! A titre de comparaison, les recettes pétrolières de 2020 sont estimées entre 20 et 21 milliards de dollars !
Alléger cette facture est donc une priorité pour l’exécutif. C’est d’une évidence criante en ces temps de vaches maigres, avec la diminution des prix du pétrole, et l’omniprésence du Covid-19. Bien-sûr, il n’est pas question (jusqu’à quand ?) de revenir sur, comme l’a réaffirmé par le ministre des Finances, «la protection du pouvoir d’achat et le maintien du caractère social de l’Etat» qui «sont consacrées par la Constitution». Aymen Benabderrahmane préconise la transformation de la «formule» des subventions. De généralisées elles vont devoir se muer en ciblées. Le but étant de cibler les catégories sociales qui en ont le plus besoin. Il a d’ailleurs précisé que la révision interviendra, au plus tard, au second semestre. Un rendez-vous aux portes et dont les «modalités» précises sont d’ores et déjà très attendues. C’est surtout les changements qui toucheront le soutien aux prix des produits de base qui mettent en alerte les familles algériennes. C’est que la paix sociale, recherchée par tous les gouvernements successifs, a toujours, ou presque, était en relation avec ces subventions. Ce sera très difficile de remettre en cause cet «acquis» pour les plus défavorisés, dont l’ampleur ne cesse de grandir. La présente double crise, économique et sanitaire, a d’ailleurs appauvri les plus faibles, et affaibli fortement le pouvoir d’achat de ceux qui étaient considérés comme «membres» de la classe moyenne. D’où la question qui s’impose : comment faire pour que les subventions soient ciblées ? Comment faire pour que la classe la plus aisée ne vienne pas «profiter» de ce qu’elle peut se procurer au «prix réel» ? Un chantier qui aura besoin de véritables «maîtres d’œuvres». Les initiateurs pourront toujours s’inspirer du rapport sur les subventions qu’avait établi le Think tank, Nabni, il y a de cela près de 3 ans. Le front intérieur, c’est également d’unir les compétences pour trouver des solutions de consensus.