La forte baisse des prix du pétrole et ses répercussions sur une économie algérienne excessivement dépendante de ses recettes d’hydrocarbures ne semblent pas avoir raison de l’engagement du gouvernement à matérialiser ses politiques de développement. Et c’est le Premier ministre Abdelaziz Djerad qui tente de rassurer dans ce sens en prônant, cependant,
«la prudence» dans la gestion de la finance publique.

«Face aux incertitudes qui pèsent sur les perspectives économiques dans le monde, en raison de l’épidémie du coronavirus et de la baisse des prix du pétrole, le gouvernement s’attèle à gérer d’une manière prudentielle et rationnelle les finances du pays», a déclaré M. Djerrad, sans pour autant remettre en cause l’engagement de l’Etat dans le financement du développement tel que prévu dans le plan d’action du gouvernement. Ce développement est même retenu comme «priorité», considère le chef de l’Exécutif face à des événements inédits qui risquent de coûter au pays la moitié de ses recettes engrangées l’année dernière grâce à ses exportations pétrolières. Un risque que les pouvoirs publics comptent aborder en adoptant une démarche portée sur «la réduction du gaspillage des ressources, la rationalisation des dépenses de fonctionnement et d’équipements, et la promotion de manière soutenue d’une économie diversifiée, développant davantage l’économie réelle et son moteur, l’entreprise nationale, créatrice de richesse», a expliqué M. Djerad
Ces mesures devront permettre «la consolidation des réserves de change en freinant le rythme de leur détérioration et de dynamiser la croissance économique en favorisant l’investissement à forte valeur ajoutée de nature à améliorer la situation de la balance des paiements», a-t-il souligné. Avant de soutenir que «le retour progressif aux équilibres macro-économiques doit constituer également un objectif permanent, en rationalisant les dépenses publiques, en ciblant les politiques de subventions et en éliminant les sources de gaspillage et les dépenses sans impact significatif sur l’amélioration du cadre de vie de nos populations».
Dans le même ordre d’idées, et dans l’objectif de trouver des ressources financières nécessaires aux «actions «urgentes et prioritaires», le Premier ministre a rappelé la préparation d’une loi de finances complémentaire 2020. Parmi les dispositions contenues dans le projet de PLC de l’exercice en cours, il a cité l’annulation des mesures «discriminatoires» contenues dans la LF 2020. Référence faite particulièrement aux nouvelles dispositions fiscales introduites pour de nombreuses activités.
A l’inverse de ces mesures léguées par l’ancien gouvernement, l’actuel Exécutif compte assainir et améliorer le climat des affaires et relancer l’investissement. Sur cette base, le PLFC contiendra des mesures fiscales incitatives au profit des opérateurs ainsi que des mesures légales de base, a fait savoir M. Djerad. n