L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, regroupés autour de l’Opep+, se retrouvent jeudi et vendredi prochains à Vienne dans le cadre d’une nouvelle réunion pour définir la démarche à entreprendre face à la chute des prix du baril depuis le début de l’année, suite à l’apparition du coronavirus et son impact sur la demande mondiale de brut.

Celle-ci connaît une forte baisse ces dernières semaines et cette tendance risque de durer encore face à la propagation internationale de l’épidémie qui pousse à la révision à la baisse de la croissance économique mondiale.
Une configuration qui réduit sans doute à l’extrême les marges de manœuvres de l’Opep+ et lui permet de tout juste œuvrer pour limiter les dégâts que subit ces dernières semaines le marché à travers des prix qui n’ont cessé de s’écrouler pour enregistrer, au cours de la semaine dernière, leurs plus fortes baisses depuis janvier 2016 et décembre 2008, soit 13,6% pour le Brent de la mer du Nord et 16,1 pour le West Texas Intermediate (WTI).
Hier, les cours entamaient une nouvelle semaine en légère hausse. Dans la matinée, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, s’affichait à 50,74 dollars à Londres, en hausse de 2,15% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain WTI pour avril gagnait 1,90%, à 45,61 dollars.
Cette remontée, bien que légère, s’expliquerait, en premier lieu, par les espoirs d’une réduction plus importante par l’Opep. L’Organisation s’apprêterait même à riposter à la chute des prix en passant à de nouvelles coupes avec ou sans la Russie, chef de file des pays non membre engagés dans l’accord de la réduction. Ayant attendu déjà assez longtemps sans voir venir la réponse de Moscou par rapport aux recommandations de l’Opep+, lors de la réunion de début février dernier, l’organisation n’a aujourd’hui plus de temps à perdre et se voit dans l’obligation de mettre en pratique ces recommandations. Elle devrait même le faire en dépassant largement les 600 000 barils supplémentaires proposés et aller jusqu’à 1 million de barils par jour, sous la houlette de son chef de file l’Arabie saoudite. Riyad avait d’ailleurs proposé ce volume lors de la dernière réunion dans la capitale autrichienne avant qu’il ne soit révisé à la baisse, soit 600 000 barils par jour pour lesquels la Russie tarde à répondre.
Plus, le géant russe semble moins préoccupé par la chute des cours du brut que les autres pays de l’Opep+, et le président russe Vladimir Poutine a donné une partie de la réponse lorsqu’il a jugé, dimanche, que les cours actuels du brut étaient «acceptables pour le budget de la Russie» et que la Russie avait «suffisamment de ressources pour faire face à une détérioration de la situation économique mondiale».
Or, l’Arabie saoudite semble bien décidée à faire valoir son statut de chef de file de l’Opep pour faire admettre l’impératif d’effectuer de nouvelles coupes dans les plus brefs délais. Avec ou sans la Russie.