Le responsable de la pharmacie du pavillon des urgences chirurgicales du Centre hospitalo-universitaire Ibn-Rochd (Annaba) a été agressé sur son lieu de travail, jeudi vers 13 heures, par le parent d’un blessé évacué depuis l’hôpital de Dréan (wilaya d’El-Tarf).
Le cycle des agressions se poursuit dans les hôpitaux algériens. Dans la journée d’avant-hier, le responsable du pavillon des urgences chirurgicales du CHU de Annaba a été agressé et atteint au niveau de la tête par le parent d’un blessé par balle évacué depuis l’hôpital de Dréan (El-Tarf). Se trouvant sur son lieu de travail, alors que tous ses collègues semblaient pris et occupés ailleurs, le responsable de la pharmacie du PUC a été sollicité par les accompagnateurs du blessé par balle, afin qu’il prenne en charge ce dernier. Mais celui-ci ne pouvait rien faire puisqu’il n’était ni médecin ni infirmier. Il a, tant bien que mal, tenté d’expliquer aux parents du blessé qu’il était pharmacien et que ce n’était pas de ses compétences. Mais pour les proches du blessé, il portait un uniforme et une tenue de bloc, donc il devait faire quelque chose. L’un des accompagnateurs du patient s’emporta et frappa le responsable de la pharmacie, provoquant une plaie qui nécessita deux points de suture.
Les agressions font partie du quotidien du personnel de ce service. Quelques heures plus tard, c’était au tour du surveillant médical de garde au PUC d’être agressé par les parents d’un autre malade.
Une agression qui, fort heureusement, n’a provoqué aucune blessure. Mais le fait est que ce service d’urgence enregistre un nombre impressionnant d’agressions contre le personnel médical et paramédical, qui travaille dans l’insécurité. Le PUC est le lieu où sont évacués tous les blessés de la wilaya d’Annaba et un bon nombre d’autres venant des cinq wilayas limitrophes. Un grand nombre des personnes évacuées sont des blessés par arme blanche. Des blessures qui sont souvent dues à des rixes entre jeunes délinquants qui, quelquefois, n’hésitent pas à poursuivre leurs rixes au niveau du PUC. «Il est arrivé, à plus d’une reprise, que de jeunes voyous continuent à se battre à l’intérieur même du PUC, lorsqu’ils se croisent dans la salle des soins, où l’on essaye tant bien que mal de remédier aux blessures qu’ils se sont mutuellement infligées. Souvent, des policiers sont en faction et interviennent rapidement, avant que la situation ne dégénère. D’autres fois, les policiers mettent beaucoup de temps pour arriver. Il s’agit de quelques minutes, mais cela paraît une éternité lorsqu’on est coincé dans une rixe de délinquants», témoigna l’une des infirmières du pavillon des urgences chirurgicales.
La sécurité fait, depuis des années, partie des revendications principales de tous les mouvements sociaux que connaît régulièrement le CHU d’Annaba. Le directeur général de cette structure promet, à chaque fois, de renforcer la sécurité, mais cela reste au stade de promesse, jusqu’à la prochaine agression et au prochain débrayage.