Rappel des développements depuis le début de l’assaut lancé le 4 avril par le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, et son autoproclamée Armée nationale (ANL) pour s’emparer de la capitale Tripoli, dans l’ouest de la Libye. Les combats ont fait plus de 700 morts et 4 000 blessés ainsi que près de 100 000 déplacés, selon l’ONU.

Haftar ordonne l’assaut
Le 4 avril, Khalifa Haftar demande à ses forces d’«avancer» vers Tripoli, promettant d’épargner les civils, les «institutions de l’Etat» et les étrangers. Fayez al-Sarraj, chef du Gouvernement d’union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, ordonne aux forces qui le soutiennent de se tenir prêtes. Les pro-Haftar progressent vers la capitale. Le lendemain, les forces de l’ANL sont repoussées après s’être emparées brièvement de l’aéroport international de Tripoli, inutilisé depuis sa destruction en 2014 par des combats. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres dit sa «profonde inquiétude», après une visite et des entretiens avec MM. Sarraj et Haftar. Le 7, l’ANL annonce avoir mené son premier raid dans la banlieue sud de Tripoli. Les forces loyales au GNA avaient mené leur première frappe aérienne la veille. Le porte-parole des forces du GNA proclame le début d’une contre-offensive.

Impasse à l’ONU
La Russie bloque l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité qui aurait appelé les forces de Haftar à arrêter leur avancée, souhaitant que le texte s’adresse à toutes les parties. Le 8, l’ANL revendique un raid aérien contre l’aéroport de Mitiga (banlieue est de Tripoli), le seul fonctionnel de la capitale. Elle accuse le GNA de s’«allier avec des milices islamistes».

Soutien américain
Le 19, la Maison Blanche révèle que Donald Trump s’est entretenu avec Haftar d’une «vision commune» pour la Libye et a reconnu son «rôle significatif (…) dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye». Le lendemain, les combats redoublent de violence après une contre-attaque des forces du GNA qui réussissent à gagner du terrain, notamment dans la banlieue sud de Tripoli.

La France accusée de soutenir Haftar
Le 24, Fayez al-Sarraj accuse la France de soutenir le maréchal Haftar. Le ministre de l’Intérieur du GNA avait déjà accusé les autorités françaises de soutenir «le criminel Haftar», Paris réfutant des accusations «complètement infondées».

Implication militaire
Le 7 mai, selon un document remis au Conseil de sécurité, des experts de l’ONU enquêtent sur une possible implication militaire des Émirats arabes unis, après des tirs de missiles en avril avec des drones de fabrication chinoise équipant l’armée émiratie. Le 9, le maréchal Haftar reçoit le soutien du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi lors de sa deuxième visite au Caire en moins d’un mois.
Le 18, les forces du GNA annoncent avoir reçu des dizaines de blindés pour repousser les troupes du maréchal Haftar. Celui-ci est accusé de recevoir un soutien militaire des Emirats arabes unis et de l’Egypte. Il accuse à son tour la Turquie et le Qatar de fournir des armes à ses rivaux.

Revers pour Haftar
Le 26 juin, les forces loyales au GNA portent un coup dur aux troupes de Haftar en s’emparant de la ville de Gharyan, leur principale base arrière, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, après une attaque surprise.

Drone turc détruit
Le 28, Khalifa Haftar ordonne à ses forces de prendre pour cible les navires et intérêts turcs, d’interdire les vols depuis et vers la Turquie et d’arrêter les ressortissants turcs en Libye. Il accuse la Turquie d’avoir aidé les forces du GNA à s’emparer de la ville de Gharyan.
Le 30 juin, Ankara accuse des forces proches de Haftar de détenir six Turcs et menace de représailles. Ils seront relâchés le lendemain. Les forces de Haftar disent avoir détruit un drone turc à Tripoli.
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Frappe contre un centre de migrants
Le 2 juillet, près de 40 migrants sont tués dans une frappe aérienne contre leur centre de détention dans la banlieue de Tripoli. Le GNA attribue l’attaque au «criminel de guerre, Khalifa Haftar».