La wilaya de Ouargla a acquis ces dernières années le statut de la capitale de la contestation. Cette wilaya riche en hydrocarbures est devenue au fil des ans le bastion des luttes des chômeurs, des militants anti-gaz de schiste et ceux revendiquant un cadre de vie agréable. Pratiquement chaque année, cette wilaya enregistre un mouvement de protestation qui s’étale généralement sur plusieurs mois.

Le point de départ de ces mouvements de protestation à répétition remonte au mois d’avril 2004. En pleine campagne électorale pour l’élection présidentielle, des centaines, voire des milliers de personnes investissent les rues de la ville et saccagent au passage tout ce qui symbolise l’Etat. Les manifestants en colère revendiquaient un meilleur cadre de vie, des postes d’emploi dans les compagnies pétrolières, des logements, des infrastructures de loisir et autres. Une partie des animateurs de ce mouvement qui a pris une tournure violente s’est retrouvé en prison sans pour autant arracher des acquis.
L’expérience de 2004 a servi de leçon pour les chômeurs de Ouargla qui ont réussi en 2011 à s’organiser dans calme et porter leurs revendications sans le moindre incident violent.
Effectivement, en février 2011, le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc) tient sa première action de protestation devant le siège du ministère du Travail et annonce son intention de faire bouger la rue à Ouargla.
En février 2013, le Cnddc organise une marche de la ville de Ouargla vers Hassi Messaoud pour exiger des postes de travail dans les champs pétroliers. Une action suivie le 15 mars de la même année par la marche historique des chômeurs à Ouargla. Des milliers de jeunes et moins jeunes ont investi la rue ce jour-là, pour réclamer la création des postes de travail pour les demandeurs d’emploi issus de la wilaya de Ouargla et les autres wilayas du Sud. Un succès qui a poussé les pouvoirs publics à ouvrir les portes du dialogue avec les délégués des chômeurs. Des négociations qui ont abouti au placement des dizaines de membres de la Cnddc dans les filiales de la Sonatrach implantées dans le territoire de la wilaya de Ouargla.
Deux ans après cette affaire, la wilaya s’est révoltée à nouveau, mais cette fois-ci, contre l’exploitation du gaz de schiste à Ain Salah dans la wilaya de Tamanrasset. Chaque semaine pendant deux mois, les activistes anti-gaz de schiste organisaient des marches dans les rues de la ville.
En 2016, la rue a encore bougé à Ouargla. Ce sont les chômeurs non affiliés au CNDDC qui coupent les routes, assiègent les locaux de l’Anem et bloquent les camions des compagnies pétrolières. Leur mouvement non structuré a duré jusqu’en 2017.
En 2018, la ville de Ouargla a connu deux événements majeurs. Le premier concerne l’annulation des galas artistiques le mois d’aout dernier suite à une marche organisée par des activistes locaux. Le second événement est la naissance du mouvement revendiquant un plan de développement.
Les événements qu’a connus la ville de Ouargla depuis le mois d’août dernier ont mis en évidence la disparition du Cnddc de la scène politique locale. Les acteurs de ce mouvement ne sont plus visibles dans les dernières actions de protestation enregistrées à Ouargla.
Une absence qui s’explique d’abord par les dissidences internes qu’a connues ce mouvement, puis par le manque de communication de ses dirigeants sur le résultats de leurs négociations avec les responsables locaux et nationaux chargés de la question de l’emploi. Une partie de la base de l’organisation reproche à la direction du Cnddc à sa tête Tahar Bellabbès d’avoir négocié des postes de travail pour une liste bien déterminée.