La Libye a sombré dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. La séquence de l’histoire libyenne durant laquelle l’ancien dictateur a trouvé la mort, le 20 octobre, dans des conditions atroces

, n’a pas encore livré tous ses secrets tant les acteurs locaux et étrangers y sont nombreux. Mais elle a ouvert la voie à sept ans de guerre fratricide entre les parties politiques et militaires rivales et qui se disputent le pouvoir, sans compter l’implantation de groupes islamo-terroristes à l’exemple du tristement célèbre Etat islamique (EI) ou Daech en arabe. Après la mort de Kadhafi près de Syrte, le Conseil national de transition (CNT) a proclamé la «libération totale» du pays, le 23 octobre 2011. Moins d’une année plus tard, en août 2012, le CNT remet ses pouvoirs au Congrès général national (CGN, Parlement), élu un mois plus tôt. Le 16 mai 2014, Khalifa Haftar, qui a la réputation d’être proche de l’Egypte et des Emirats arabes unis, mais dont le carnet d’adresses semble plus étoffé et complexe qu’il n’y paraît, lance une opération contre les groupes djihadistes à Benghazi. Plusieurs officiers rallient l’ANL.

Le 25 juin 2014, après de nouvelles élections, le CGN est remplacé par un Parlement dominé par les anti-islamistes. Fin août, après des semaines de combats, une coalition de milices, Fajr Libya, s’empare de Tripoli et réinstalle le CGN. Un gouvernement est mis en place. Le gouvernement d’Abdallah al-Theni et le Parlement élu en juin s’exilent dans l’Est. Le pays se retrouve avec deux gouvernements et deux parlements. En décembre 2015, après des mois de négociations, des représentants de la société civile et des députés signent, à Skhirat (Maroc), un accord parrainé par l’ONU. Un gouvernement d’union nationale (GNA) est proclamé. En mars 2016, son chef, Fayez al-Sarraj, parvient à s’installer à Tripoli. Le 25 juillet 2017, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, réunis à la Celle-Saint-Cloud, en région parisienne, s’engagent à œuvrer pour sortir le pays du chaos, appelant à un cessez-le-feu et à l’organisation d’élections. Le 29 mai 2018, quelques semaines après une attaque du groupe Etat islamique (EI) contre le siège de la Commission électorale à Tripoli (14 morts), Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar notamment s’engagent, à Paris, à collaborer pour organiser des législatives et la présidentielle en décembre 2018.
Le 14 juin 2018, des groupes armés attaquent deux sites dans le Nord-Est, par lesquels le pétrole libyen est acheminé vers l’étranger. Le 25, l’ANL annonce la prise de «contrôle total» de cette région surnommée le «Croissant pétrolier». Le maréchal Haftar, qui réclame une part plus grande des revenus du pétrole, confie la gestion de plusieurs sites aux autorités parallèles, avant de faire machine arrière. Le 28, ses forces s’emparent de Derna, bastion des islamistes radicaux et seule ville de la région orientale qui échappait à son contrôle. Fin août, des groupes armés qui tentent d’entrer dans Tripoli se heurtant aux milices de la capitale. Le 24 septembre, le chef de la mission de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, estime «nécessaire de libérer le gouvernement de l’emprise des groupes armés» et affirme, le 8 novembre, que le processus électoral devrait démarrer au printemps 2019.n

Source agences