L’Algérie est engagée, à l’instar de tous les pays du monde, dans la course complexe pour l’acquisition du vaccin contre le nouveau coronavirus. La démarche adoptée tend à ne pas confondre vitesse et précipitation afin de s’assurer de faire le bon choix de l’antidote et la «prudence» est le maitre-mot dans cette démarche prônée par l’Algérie. Pour ce faire, deux Task Force ont été mises en place et il semble qu’elles aient opté pour la discrétion dans les étapes accomplies dix jours après l’annonce de leur création.

Ce qui préoccupe les Algériens et attise leur avidité, c’est, sans aucun doute, le choix du vaccin ainsi que le timing de la vaccination qui viendra au secours face à une pandémie qui n’a pas encore dit son dernier mot et qui continue de faire des ravages dans le monde avec plus de 68 millions de contaminés et près de 1,5 million de morts.
Il semble que le travail consistant à l’organisation de la logistique de stockage s’est déjà mis en branle avec l’instruction envoyée dès le 2 décembre dernier aux différentes directions de la santé pour répertorier toutes les infrastructures pouvant servir à stocker les vaccins à importer, notamment celles pouvant garantir les températures basses nécessaires à la conservation des antidotes.
Les autorités sanitaires restent toutefois peu loquaces quant au choix du produit lui-même, prudence oblige, même si des déclarations et contre-déclarations ont alimenté les nouvelles de la semaine dernière. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a indiqué, avant-hier, à ce propos, que seule une «communication officielle» du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus est à même d’informer l’opinion publique concernant les décisions prises au sein dudit Comité, les interventions individuelles de ses membres étant «un effort de communication de leur part» qui n’engage cependant pas le Comité.
Quoi qu’il en soit, concernant le choix du ou des vaccins à acquérir, l’Algérie qui n’a encore pris aucune décision, ne le fera que sous certaines conditions, dont la publication sur une revue scientifique par le laboratoire fabricant, la validation et la vaccination dans le pays où il a été fabriqué, ainsi que l’homologation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
A ce titre, le ministre de la Santé a affirmé que «la décision qui sera prise pour l’achat d’un vaccin sera basée sur des données purement scientifiques», à savoir «la garantie que sa fabrication obéit aux normes internationales, la garantie qu’il est accrédité et validé par l’OMS, ainsi que la garantie que ce vaccin est administré dans le pays d’où il provient», a-t-il insisté dans une déclaration, hier, à la Radio nationale. Pour sa part, le Pr Mohamed Belhocine, membre du Comité scientifique, intervenant sur le même média, s’est dit «optimiste quant à la vaccination» et «au fait que les vaccins puissent aider au minimum à couper les chaines de transmission, et au mieux à éradiquer cette pandémie de Covid-19» contre laquelle se bat et se débat le monde entier depuis un an déjà.
Les Algériens devront donc patienter que soient disponibles les études scientifiques et autres conditions avant de connaitre le vaccin sur lequel tombera le choix, en attendant d’en savoir également plus sur la proposition russe de produire en Algérie le vaccin Spoutnik V dont l’inoculation a commencé dans le pays fabricant.

Vaccin d’AstraZeneca, premier validé
Les scientifiques du monde entier ont enfin un vaccin à étudier. C’est celui du laboratoire AstraZeneca dont les résultats ont été validés par une revue scientifique. En effet, l’anti-Covid-19 développé par AstraZeneca et l’université britannique d’Oxford est devenu, avant-hier, mardi 8 décembre, le premier à voir ses résultats d’efficacité validés par une revue scientifique, The Lancet. La publication de ces résultats, passés au crible par des scientifiques indépendants, confirme que ce vaccin est efficace à 70% en moyenne, conformément à ce qu’avait annoncé AstraZeneca le 23 novembre dernier. Il est l’un des trois vaccins les plus avancés, un an seulement après l’apparition de cette nouvelle maladie. Les deux autres sont celui du laboratoire américain Moderna et celui de l’alliance américano-allemande Pfizer-BioNTech, avec lequel le Royaume-Uni a commencé sa campagne de vaccination.
Hier, le vaccin de Pfizer-BioNTech avait reçu les bons points de l’Agence américaine des médicaments (FDA). Les experts de cette dernière ont estimé, dans un rapport, que le vaccin de Pfizer-BioNTech contre le Covid-19 ne présentait pas de risque de sécurité empêchant son autorisation. Toutefois, l’autorisation ne lui a pas encore délivrée et pourrait l’être «d’ici la fin de la semaine», selon la FDA. Les vaccins de Modera et Pfizer-BioNTech se prévalent respectivement d’une efficacité de 94,1% et de 95%. Pour l’heure, leurs données détaillées n’ont pas encore été publiées dans une revue scientifique, mais ont été transmises aux différentes agences du médicament chargées d’examiner les demandes de mise sur le marché.
Il convient de relever l’importance de ces publications car, au-delà des procédures d’autorisation, le fait que les données soient publiées, donc accessibles aux scientifiques du monde entier, permet à ces derniers de les «examiner en détail» et d’avoir «une idée plus précise de l’efficacité et de la sûreté des vaccins». Ce sont des points auxquels l’Algérie attache la plus haute importance. n