La Société algérienne de médecine esthétique (Same) a tenu, jeudi dernier à Alger, le 17e congrès national de médecine et de chirurgie esthétiques, dans le but d’informer les praticiens sur les nouvelles thérapies proposées en matière de médecine et de chirurgie esthétiques. Née il y a 17 ans, la Same compte aujourd’hui quelque 400 praticiens, entre dermatologues et chirurgiens esthétiques.

La chirurgie esthétique réalise une belle percée en Algérie, nous dira le président de cette structure, le Dr Mohamed Oughanem, précisant que la majorité des interventions chirurgicales se font en Algérie. «La demande est relativement importante, mais la liposuccion consistant à remodeler la silhouette, la rhinoplastie visant à modifier la structure du nez externe, et la blépharoplastie, qui corrige les problèmes de paupières tombantes sont les chirurgies les plus fréquentes en Algérie», précisera-t-il. Notre interlocuteur estime que les praticiens algériens possèdent les compétences requises pour la pratique de la médecine et de la chirurgie esthétiques, et qu’aujourd’hui «les citoyens se déplacent de moins en moins» en Tunisie. Ceci d’autant que «la médecine et la chirurgie esthétiques se développent de plus en plus et arrivent à répondre à la demande en matière de compétences», explique le Dr Oughanem, considérant que «la Tunisie ne nous dépasse pas en médecine esthétique, mais plutôt dans les structures d’accueil».
Et de se réjouir que «90% des Algériens se font soigner en Algérie ».
La médecine esthétique prend son envol, elle se développe de façon considérable, attestent les spécialistes rencontrés. «Auparavant, les généralistes étaient les seuls à pratiquer la médecine esthétique, mais actuellement 40 à 45% de dermatologues vont vers l’esthétique», nous dit un dermato-esthéticien. «Ils sont rares de nos jours les dermatologues qui s’arrêtent au traitement des pathologies, au vu de l’engouement des Algériens pour tout ce qui est esthétique», ajoute un autre. Avant d’émettre un avis, légèrement nuancé par rapport à celui du président de la SAME, en ce qui concerne le choix des Algériens pour les soins esthétiques : «Lorsqu’il s’agit de problèmes de pathologie, les Algériens se soignent ici, mais quand les soins sont faits à des fins esthétiques, ils se rendent généralement à Tunis.» Quant à la question de savoir si la chirurgie esthétique est en conformité avec les principes religieux, Oughanem répondra par l’affirmative, soutenant que «la référence religieuse du pays ne pose pas de problème pour ce genre de pratique médicale». Notre spécialiste relève que «même dans les pays du Golfe, où la religion est plus rigide, la médecine et la chirurgie esthétique se pratiquent librement et les chaînes de télévision passent des émissions en boucle». Ce type de médecine «n’a pas pour but de changer l’apparence d’une personne mais de l’accompagner pour son bien-être. Elle reste toujours la même, mais sans rides, sans pommettes vides», soutient-t-il.
Il reste toutefois que cette spécialité évolue en Algérie sans cadre juridique, relève l’un des participants au congrès. «On n’a pas de cadre juridique qui attribue la médecine et la chirurgie esthétique à une catégorie bien déterminée. Par conséquence, le champ de pratiques est ouvert à plusieurs disciplines», relève-t-il. Comprendre qu’un généraliste, un dermatologue, un stomatologue un maxillo-faciale ou un spécialiste ORL peuvent aujourd’hui faire de la chirurgie esthétique