La situation épidémiologique de Covid-19 est stable en Algérie avec des chiffres en constante baisse, même s’ils évoluent parfois en dents de scie. Une situation que le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, appelle à préserver en ces temps où la pandémie de coronavirus connait une résurgence dans d’autres pays. Pour lui, aussi bien la rentrée des classes que la réouverture de l’espace aérien et autres restent tributaires de la situation épidémique qu’il souhaite voir encore s’améliorer.

Le ministre défend les chiffres communiqués quotidiennement et déclare que «certains disent que s’ils sont relativement bas c’est parce que nous ne testons pas suffisamment. A ceux qui doutent, je réponds que nulle part dans le monde on ne teste massivement». Indiquant que les tests sont importés faute d’un tissu d’usines qui puisse fournir autant de tests que voulu et «même si nous importions plus de quantités», il ajoute que «collègues et concitoyens doivent lire que même en France il y a des délais d’attente de 14 jours (…)» et que «maintenant on teste moins partout dans le monde». Le Pr reconnait qu’il est vrai que «plus on teste plus on a de cas», relevant que cela s’est «nettement amélioré dans le pays, qui testait moins au début, avec la mise en place de 35 centres de tests sur le territoire», faisant savoir qu’il vient de signer une convention avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour la mise en place de 24 sites de dépistage.
«Maintenant que la situation s’est quelque peu améliorée – nous confinions 14 jours dans les hôpitaux et actuellement on traite 5 jours, les cas asymptomatiques sont traités chez eux – on voudrait peut-être même arriver à une situation où on ne teste que les cas symptomatiques, ceux qui viennent à l’hôpital car présentant des signes. Tester massivement, ça ne se fait pas, ça n’a été fait nulle part, même si cela a été annoncé», a insisté le Pr Benbouzid, dans un entretien à LSA. Maintenant, l’Algérie importe plus de tests et dote tous les centres de dépistage y compris les privés. «Dans la société, lorsqu’il y a des situations de difficultés, il y a beaucoup plus les gens mécontents qui se mettent en valeur que ceux qui sont satisfaits… Ceux qui ont quelques doutes tout à fait justifiés sur les chiffes que nous donnons parce qu’ils pensent que nous testons moins, je réponds non», a-t-il encore dit. Il donne l’exemple de wilayas où le nombre de centre de dépistage a augmenté et où les responsables de services Covid au niveau d’hôpitaux qu’il a visités lui ont confirmé la baisse sensible des cas. «A Oran, il y avait un seul centre de dépistage, ils en ont 4 aujourd’hui, et le nombre de cas Covid est passé de 120 cas par jour à seulement 20 actuellement». Parmi ceux qui ont douté certains sont «des collègues dont un très proche» avec lequel il s’est entretenu : «Je lui ai dit vous travaillez dans un hôpital, vous avez libéré des lits, repris les activités gelées, il y a quand même une visibilité» que le nombre de cas a réellement baissé. Pour le Pr Benbouzid, il faut aller dans «le sens de l’apaisement, maintenant que nous demandons à reprendre vie, à reprendre certaines activités».

«Relativement rassurés, mais le virus est là»
Concernant la hausse des cas la semaine dernière, il a expliqué que la courbe dans tous les pays du monde est en dents de scie. «Nous sommes toujours entre 150 et 170 cas, nous sommes relativement rassurés. Relativement car le virus est là, il ne nous a pas quittés, il n’a quitté aucun pays. Nous sommes rassurés car notre situation est enviable par rapport aux pays qui nous environnent. La tendance est baissière et même si dans la rue il y a un certain relâchement, j’ai espoir que la situation s’améliore», a-t-il commenté. Pour lui, «il ne faut pas qu’on perde ce que nous avons gagné» car il y a «la pandémie sévit de façon très poussée dans beaucoup de pays» qui connaissent une «résurgence».
A propos de la rentrée scolaire dont la date n’est toujours pas fixée, le Pr Benbouzid a souligné qu’il ne faut pas perdre de vue que «la classe est un espace clos» propice à la propagation du virus, ajoutant que d’une façon générale «les mesures prises par le Président ne sont pas des mesures punitives, mais elles sont prises en fonction des résultats épidémiques», rappelant que «certains pays ont ouvert et sont revenus sur leurs décisions». Pour lui, la sagesse c’est de bien préparer la rentrée car «qu’est-ce que c’est que de perdre un mois et de préserver la santé ?».

Ouverture de l’espace aérien pas à l’ordre du jour
Quant à l’ouverture de l’espace aérien, il a déclaré que c’est «une décision souveraine qui reste tributaire de l’évolution de la situation épidémiologique de Covid-19 tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays», mettant en avant le nombre des contaminations qui demeure élevé dans plusieurs pays, notamment les pays européens et voisins. Il insiste sur le respect des mesures préventives et la poursuite des campagnes de sensibilisation et de prévention, cela d’autant qu’il n’y a aucun vaccin contre cette maladie. Sur ce sujet, à propos des démarches entreprises pour l’acquisition du vaccin anti-Covid-19, il a assuré que l’Algérie «n’importera pas le vaccin avant qu’il ne soit administré dans le pays producteur et avant de s’assurer qu’il n’a pas d’effets secondaires».

Paludisme, «pas d’inquiétude»
Le paludisme qui a fait plus d’un millier de cas dans cinq wilayas du Sud ne devrait pas inquiéter, de l’avis du ministre de la Santé. «J’ai vu les chiffres avec les services concernés au ministère et ils ne sont pas très inquiets, c’est tout à fait habituel. Ce sont des cas importés soit par des Africains qui sont rentrés ou des Algériens qui se sont déplacés dans les pays limitrophes Sud. La situation est maitrisée, les équipes d’épidémiologie sont sur le terrain, les médicaments n’ont jamais manqué. Donc la situation est bien prise en charge», a-t-il rassuré.
Il rappelle qu’il est habituel qu’au mois de septembre, octobre, avec les premières pluies, des cas apparaissent, faisant savoir que le moustique ne résiste pas dans une température au-dessous de 21°. «Nous n’avons pas failli en matière de surveillance épidémiologique. Ce qui a suscité des craintes, c’est peut-être la situation épidémique en matière de Covid-19 (…). Mais pour les services concernés au niveau du ministère, c’est tout à fait gérable», a-t-il conclu.