Par Hamid Bellagha
En à peine 10 semaines, près de 90 millions de contaminations ont été enregistrées dans le monde. Plus que ce qui a été noté pour toute l’année 2020. Ces chiffres sont l’œuvre d’Omicron et de ses «descendants» les fameux BA qui se répercutent d’une manière exponentielle à travers toutes les contrées, puisque aucun pays n’a été épargné, reléguant le variant Delta dans les archives de l’OMS qui a donné ces chiffres dans son bulletin hebdomadaire.
Passant d’un optimisme «prudent» à des inquiétudes «circonspectes», l’Organisation mondiale de la santé ne cesse de rebattre ses cartes en fonction des choses révélées, dites, découvertes et remises en cause quelques semaines plus tard.
L’Omicron qui devait contaminer le monde entier et instaurer une immunité collective tant espéré traîne à manifester les espoirs placés en lui pour remplacer le Delta. Cela ne saurait tarder eu égard à sa vitesse de propagation. Mais le nombre très élevé des infectés fait que les hospitalisations et les décès le sont aussi. Une simple question de relativité mathématique que l’on peut relever en Algérie où la prudence est toujours de mise.
Ailleurs, notamment en Europe, l’abandon des gestes barrières et de l’obligation vaccinale sonnent comme une victoire finale contre le covid-19, une liesse tempérée par le directeur général de l’OMS qui met les pays en question en garde contre une décontraction prématurée estimant que l’Omicron et ses sous-variants n’ont pas livré tous leurs secrets. Tedros Adhanom Ghebreyesus n’appelle pas à un retour au verrouillage des libertés, mais exhorte à utiliser tous les outils en possession de chaque pays afin de protéger les populations contre les chiffres surréalistes des contaminations, 22 millions uniquement les sept derniers jours. L’OMS met aussi en garde certains pays adeptes d’un mimétisme aveuglant contre un copier-coller inopérant sachant que chaque région possède ses propres données et des moyens différents de lutte contre le virus, et donc de ce fait, ce qui se décide en Angleterre n’est pas forcément bon pour le Danemark, et les exemples sont légion.
La conclusion est que tous les pays ne sont pas dans la même situation et ne peuvent donc espérer les mêmes solutions à des problèmes qui se posent différemment. «Ce virus est dangereux», est le message phare de l’intervention des cadors de l’OMS cette semaine, rappelant aux nombreux sceptiques et amnésiques dans le monde que le combat contre le covid-19, quelle que soit la lettre de l’alphabet grec qu’il affiche, demeure toujours une question de vie ou de mort.