La compagnie nationale de l’électricité et du gaz, Sonelgaz, a annoncé hier qu’elle suspendait l’approvisionnement en gaz et électricité aux abonnés «n’ayant pas payé leurs dettes». Une mesure radicale, qui serait déjà appliquée sur le terrain, a fait savoir la chargée de communication de la Sonelgaz. La même responsable, Mme Fatma-Zohra Zerrouki, qui n’a pas manqué de rappeler que la Sonelgaz avait prévenu d’une telle possibilité dès le mois d’octobre 2020, a, par ailleurs, fait savoir que l’accumulation des impayés avait entraîné un manque à gagner estimé aujourd’hui à près de «160 milliards de dinars».
Mme Fatma-Zohra Zerrouki a précisé que ces créances dues à la Sonelgaz sont réparties presque équitablement entre les opérateurs privés et publics ; avec 53% des impayés auprès des clients privés et 47% pour les administrations et entreprises publiques. Les «coupures» seront ainsi appliquées en priorité aux abonnés qui cumulent au moins quatre factures impayées. Ces mêmes «clients», et l’ensemble des abonnés en retard dans leur payement, sont invités à se rapprocher des agences de la société pour régler leurs dettes. Les précédentes campagnes de sensibilisation initiées dès octobre 2020 auraient ainsi contribué à limiter les pertes de la Sonelgaz ; elles ont «participé à la prise de conscience chez plusieurs clients», expliquait encore hier Mme Zerrouki dans une intervention radiophonique à la chaine 1.
En effet, lors d’un précédent bilan annoncé en novembre dernier, le Directeur général des travaux et des services de la Sonelgaz, Tahar Djouambi, avait fait savoir que le montant cumulé des impayés était de «180 milliards de dinars». Le responsable qui avait déjà qualifié la situation de «grave» pour les comptes de l’entreprise, avait également fait savoir que la «suspension» des coupures décidée dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire, devrait prendre fin. En expliquant à propos du «déséquilibre» des comptes de la Sonelgaz : «Si une telle situation venait à durer dans le temps, elles déséquilibreraient l’entreprise (…) Nous travaillons à reprendre l’activité de recouvrement après plusieurs mois de coupure due à la situation du pays».
Quant à la question d’une «redéfinition» à la hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, elle n’avait pas été écartée par le responsable, en expliquant en substance que cette éventualité reste de la «seule responsabilité de l’Etat». Ajoutant plus loin que les services de la Sonelgaz rendaient régulièrement compte de la situation de l’entreprise à l’Etat : «Chaque année, nous informons le régulateur de la situation. Nous donnons l’écart entre le prix de vente et le coût du Kilowatt». Le prix de vente du Kilowatt est, pour rappel, de 4 dinars, alors que son prix de production serait «au-dessus des 5 dinars». n