Par Sihem B.
Moins d’une semaine après la saisie de l’Ordre des pharmaciens et de l’Ordre des médecins par le ministère de l’Industrie pharmaceutique, concernant la flambée du prix des tests en pleine période de pandémie de la Covid-19, dénonçant «une spéculation contraire à l’éthique et à la déontologie», neuf laboratoires pharmaceutiques ont annoncé, hier, une baisse de prix de ces fameux tests PCR en les proposant au public pour la somme de 8 900 DA.
En effet, dans un communiqué publié par le ministère de l’Industrie pharmaceutique, il est souligné qu’«en concertation avec le ministère de l’Industrie pharmaceutique, et dans le cadre de la mutualisation des efforts et des moyens pour la riposte contre la Covid-19, et afin d’améliorer l’accessibilité des tests PCR au grand public, un groupe de laboratoires d’analyses médicales privés, avec le soutien de IMD, société de production de kits de prélèvements et de résultats PCR, annonce une baisse de prix des tests PCR en proposant un prix public de 8 900 DA»,
Ces neuf laboratoires d’analyses médicales, avec le soutien de IMD, une société de production de kits de prélèvements et de résultats PCR, proposent leur service dans les villes d’Alger, Béjaïa, Ghardaïa, Tizi Ouzou. Le communiqué ajoute que «d’autres laboratoires de plusieurs régions devraient adhérer à cette initiative dans les jours à venir».
Pour rappel, suite aux spéculations sur les prix des tests PCR, qui assurent une efficacité de plus de 90% dans la confirmation du diagnostic de la contamination au coronavirus, les représentants des Syndicats des professionnels de la santé, à l’instar du Docteur Mohamed Yousfi, infectiologue et président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) et du Docteur Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNSP) sont montés au créneau pour réclamer l’intervention des pouvoirs publics face à la flambée des prix des tests de dépistage qui sont devenus hors de prix pour les malades. D’autant plus qu’ils ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.
Il est à noter que plus d’une vingtaine de laboratoires privés avaient été habilités par l’Etat pour effectuer les tests PCR afin de diagnostiquer les malades contaminés par la Covid-19 dans le but de pallier au manque de laboratoires publics effectuant ce type de tests. L’objectif étant d’isoler rapidement les personnes malades afin de casser les chaînes de transmission du virus et confirmer les cas de malades pour une meilleure gestion des lits d’hospitalisation.
Mais, l’augmentation exponentielle du nombre de cas suspects depuis la fin du mois d’octobre, et donc l’augmentation de la demande de tests PCR, a nourri la spéculation de plusieurs laboratoires privés, jusqu’à doubler le prix du test pour le public.
A ce sujet, Lotfi Ben Bahmed avait précisé, mardi dernier, que les tests PCR entre le kit de prélèvement, le kit d’extraction et le réactif PCR, coûtent en moyenne 4 000 à 5 000 DA et «devrait être facturé au maximum 8 000 à 9 000 DA et non entre 12 000 et 20 000 DA comme c’est le cas aujourd’hui». Il avait expliqué que le fait d’avoir saisi l’Ordre des pharmaciens et l’Ordre des médecins sur cette problématique, en affirmant que «le code de déontologie stipule que même si ce sont des prix libres et que le pharmacien ou le médecin doit avoir une rétribution en rapport avec son acte, c’est contre l’éthique et la déontologie de saisir une situation de crise pour avoir une attitude spéculative en triplant les prix».
Toutefois, l’autre problématique qui se pose également, même si les prix des tests PCR ont baissé, c’est le non-remboursement de ces examens médicaux par la Sécurité sociale. Une problématique dont de nombreux spécialistes de la santé demandent à revoir la nomenclature des actes médicaux qui n’ont pas été actualisés depuis 1987. n