Suite au mouvement de protestation des éleveurs de bétail, au début de ce mois de février, dénonçant la cherté des prix de l’aliment de bétail, réclamant l’intervention du ministre de l’Agriculture et du Développement rural Abdelhamid Hamdane pour remédier à cette situation, ce dernier a annoncé des mesures supplémentaires pour accompagner les éleveurs à la lumière de la hausse des prix du fourrage, notamment à travers la garantie de fourrage alternatif à des prix «étudiés».
Cette annonce a été faite dans un communiqué suite à la réunion entre le ministre de l’Agriculture et les représentants des éleveurs, qui s’est déroulée lundi dernier au siège du ministère.
Cette réunion était notamment consacrée à l’examen des problèmes rencontrés suite à la hausse des prix du fourrage et à l’évaluation de la mise en application des mesures prises pour leur permettre de faire face à cette conjoncture exceptionnelle.
Le ministre a rappelé, à cette occasion, la conjoncture exceptionnelle que vit le monde entier du fait de l’impact de la crise sanitaire sur l’économie mondiale et nationale, notamment la hausse sans précédent du prix des matières premières destinées à la production de fourrage en plus de la faible pluviométrie qui a influé sur l’activité d’élevage.
En dépit de ces conditions difficiles et exceptionnelles, il a assuré que les pouvoirs publics s’attellent à accompagner les éleveurs pour préserver la richesse animalière, à travers la garantie de solutions alternatives en cas de besoin.
Le ministre de l’Agriculture s’est ainsi engagé devant les représentants des éleveurs présents que «la préoccupation majeure, pour l’heure, est l’organisation de la distribution et l’acheminement du fourrage aux éleveurs en mobilisant tous les moyens possibles». Ainsi «face à la persistance des effets de cette crise et aux obstacles rencontrés par les éleveurs pour obtenir le fourrage, notamment subventionné, le ministère a pris des mesures supplémentaires pour garantir du fourrage alternatif à des prix étudiés et procédé à l’installation de Commissions, au niveau local et central, pour le suivi de l’application de ces mesures sur le terrain», souligne le communiqué.
Par ailleurs, des unités au niveau de l’Office national de l’alimentation de bétail (Onab) et des coopératives de céréales ont été affectées à l’approvisionnement en son de blé et fourrage subventionné aux éleveurs afin d’éviter le déplacement des éleveurs non affiliés aux minoteries pour acquérir cet aliment.
Pour rappel, depuis le mois de novembre dernier, plusieurs mesures, dont la mise en place d’un système de distribution du son de blé pour tous les bétails sans exception, au prix de 1 500 DA le quintal.
Des mesures qui se sont avérées insuffisantes, suscitant la colère des éleveurs de bétails, dénonçant des prix inaccessibles, au début de ce mois de février.
Bouzid Salmi, membre de la Fédération nationale des éleveurs d’ovins, avait lors de ce mouvement de protestation, affirmé à Reporters que «les tarifs pratiqués sont inaccessibles. Un quintal de son de piètre qualité est cédé à 4 800 DA». Il avait également dénoncé : «Les spéculateurs s’emparent d’importantes quantités pour les écouler par la suite sur le marché», en insistant sur «l’impératif d’organiser cette activité et d’infliger des peines aux spéculateurs qui provoquent des situations très difficiles pour les éleveurs». Il avait également souligné que parmi les autres facteurs qui expliquent cette augmentation des prix du fourrage, il y a le déficit pluviométrique qui a impacté négativement la production fourragère exploitée par les éleveurs pour alimenter leur bétail. Mettant aussi en relief le fait que les quantités que les éleveurs reçoivent de l’Onab s’avèrent insuffisantes. n