Les personnes atteintes de la maladie «cœliaque» générée par le gluten contenu dans les farines, semoules et autres produits dérivés des céréales, sont de plus en nombreuses en Algérie. Et dont la majorité est livrée à elle-même. Une situation qui ne date pas d’hier, mais dont de nombreuses associations de bienfaisance ont tenu à remettre d’actualité à travers une journée de sensibilisation qu’elles ont organisé hier au sein du nouveau siège de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) au Palais des expositions des Pins-Maritimes (Safex/Alger).

Des présidents qui ont pris la parole ont déploré l’absence, à cette rencontre, des représentants des ministères de la Solidarité, de la Santé et du Commerce, considérés comme partie prenante. «Et pourtant, des invitations leur ont été adressées» a fait remarquer la présidente de l’association Kouloub El Rahim, Mme Guermouh. Une autre présidente a dressé un tableau plutôt sombre sur la situation à laquelle sont confrontés les malades du cœliaque non sans signaler que cette maladie est présente dans les 48 wilayas. «Des parents de malades sont dans l’impossibilité financière de se procurer des aliments sans gluten au de vu leur cherté comme prescrit dans l’ordonnance du médecin», a-t-elle révélé d’un ton désolé. Et de lancer enfin : «Cela fait des années que nous tentons d’attirer l’attention des ministères concernés, en vain, alors que le nombre de malades ne cesse d’augmenter.» Sur ce dernier point, selon Naamallah Bouroubi, présidente, «cette maladie devrait avoir plus d’égard de la part du ministère de la Santé, compte tenu de la croissance du nombre de malades qui ne demandent que de subvenir en partie à leurs dépenses en médicaments et surtout en produits alimentaire sans gluten». Dans ce sillage, les présidents d’association appellent à ce que les malades du cœliaque soient considérés comme malades chroniques et ainsi pouvoir bénéficier du dispositif de tiers-payant mis en place par la Cnas. Il est vrai que les produits sont chers pour les malades où les parents d’enfants atteints de cette pathologie. C’est ce que Reporters a pu constater de visu en sillonnant les quelques stands érigés à l’occasion de la journée de sensibilisation. En effet, et à titre d’exemple, les producteurs présents proposent un kilogramme de farine sans gluten à 260 DA, la semoule à 240 DA. Les pâtes n’échappent pas à cette tendance. Reporters a tenté de savoir pourquoi les aliments sont aussi chers ? Les exposants se joignent à dire «c’est en raison de la cherté de certains composants, tous importés et fortement taxés, qui nous sont indispensables pour produire des aliments sans gluten». Un exposant estime que «les prix des aliments sans gluten peuvent connaître une revue à la baisse pour peu que leur TVA régresse». Un autre lancera : «C’est tout à fait possible à la condition de ne plus indexer les aliments sans gluten comme produits complémentaires. Le législateur devrait se pencher sérieusement à retirer les «sans gluten» de la liste des aliments complémentaires. Soulignons enfin que le président de l’ANCA Hadj Tahar Boulanouar a, lors de son intervention, annoncé qu’il s’engageait à mettre à la disposition des associations la salle de conférence de l’ANCA chaque fois qu’elles le solliciteraient. «C’est mon humble contribution au formidable travail que vous faites, notamment votre assistance morale et financière aux malades du cœliaque dans l’attente de sa requalification en maladie chronique qui, somme toute, est tout à fait légitime», a-t-il conclu. n