Devant les prix élevés actuels de la viande rouge fraîche, sur les étals des boucheries, le ministre du Commerce Kamal Rezig affirme que son département «a pris les mesures entrant dans le cadre de ses prérogatives contre les spéculateurs chaque fois qu’il a été destinataire d’une plainte».

Ce dernier a, par ailleurs, indiqué à ce sujet, dans un entretien accordé à l’APS et rendu public hier, qu’il «n’excluait pas le recours à l’importation à partir de pays voisins pour rendre les prix plus raisonnables». Considérant que c’est l’unique moyen «du moment où l’accord convenu à l’époque avec les représentants de la filière ovine ne s’est pas concrétisé sur le terrain», a-t-il déploré. Non sans faire remarquer au passage que la filière ovine est sous la tutelle du ministre de l’Agriculture et du Développement rural. Avant de clore ce chapitre, Kamel Rezig estime que «le grand perdant dans cette cherté des prix n’est autre que le citoyen».
Pour Rezig, les mesures prises avant le Ramadhan, en coordination avec les autres départements ministériels et les Services de sécurité, et grâce à certains intervenants parmi les fellahs et les commerçants, ont permis de parvenir à une stabilisé des prix sur les étals non sans admettre que la spéculation s’est maintenue sur les produits subventionnés. Soulignant à ce sujet que ce n’est pas un phénomène propre au mois de Ramadhan car il intervient à différentes périodes de l’année. Sur ce dernier point, il a révélé que durant le premier trimestre 2020, les agents du contrôle ont effectué plus de 42 000 interventions dans le cadre de la lutte contre la mafia du commerce «en dépit des difficultés de déplacement pendant les tranches horaires du confinement», fera-t-il remarquer.

Lait en sachet : des perturbations dans 18 wilayas
Le ministre s’est aussi prononcé sur l’approvisionnement du lait en sachet subventionné, et où il a reconnu que le circuit de la distribution a enregistré des perturbations dans 18 wilayas. Mais il a assuré que ses services veillent au contrôle des intervenants dans le circuit, c’est-à-dire les laiteries, les distributeurs et les propriétaires des points de vente au détail. Dans ce cadre, le ministre a évoqué une révision en cours du réseau des laiteries et de la carte de distribution dans les wilayas en vue d’offrir à chacune une autonomie dans l’approvisionnement de sa population, a-t-il souligné. S’agissant des décisions de suspension des activités commerciales prises par certains walis, le ministre a estimé que c’est le non-respect par le citoyen des conditions de prévention qui a motivé ces décisions. Le ministre a par ailleurs annoncé que son secteur envisageait, «après le Ramadhan, le réexamen de plusieurs dossiers relatifs aux activités sous tutelle dans le cadre d’une démarche de moralisation de l’acte commercial». Dans cette optique, il a avancé : «Nous allons prendre des décisions et des mesures visant essentiellement à assainir le marché des tenants de la spéculation, du monopole et de la manipulation des prix.» Pour le ministre, «cela est devenu nécessaire compte tenu de l’anarchie régnant dans certains créneaux. C’est pour quoi nous sommes déterminés à moraliser l’acte commercial dans tous ses aspects». A cet effet, le ministre a révélé la récente mise en place d’une commission ministérielle. «Celle-ci se penche sur la question de la moralisation de l’acte commercial en analysant les causes des problématiques enregistrées dans nombre de filières et branches», a-t-il précisé.
Covid-19 : les pertes chiffrées des commerçants non précises
A propos du montant des pertes subies par les commerçants, suite à l’arrêt de leurs activités, avancé par des associations de commerçants, le ministre a déclaré : «Ils ne s’appuient pas sur des règles scientifiques précises.» Ajoutant dans ce sens que lors de «plusieurs réunions tenues avec les représentants des commerçants, nous ne sommes pas arrivés à arrêter un chiffre exact ni un taux de préjudice pour les activités», a-t-il révélé au terme de cet entretien. n