Alors que la pomme de terre de saison issue principalement des régions de Aïn Defla et de Mostaganem, grande productrice de ce tubercule, est en grande partie récoltée, rendant ainsi l’offre sur le marché nettement supérieure à la demande, son prix sur les étals dépasse les 110 DA le kilogramme, voire même les 180 DA dans certaines régions reculées du pays.

Par Bouzid Chalabi
Un constat que l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce) ne saurait admettre, et en guise de désaccord, elle vient de lancer un appel au boycott circonstanciel du tubercule. Un appel aux consommateurs à travers un communiqué rendu public hier dimanche.
Face à la cherté de la pomme de terre, qu’apparemment rien ne justifie actuellement, le président de l’Apoce Mustapha Zebdi appelle le gouvernement à « établir un prix de référence sur le tubercule et à le mettre en exécution sur le terrain dans les prochains jours par des mécanismes de contrôles, sans pour cela pénaliser les acteurs du circuit, irresponsables de cette situation paradoxale ».
Faut-il savoir à propos des contrôles sur le terrain, que c’est grâce à ces opérations qu’il a été mis à nu, récemment, des tentatives de spéculation sur la banane. Une découverte de pratique illégale qui s’est soldée par la saisie de pas moins de 1 243 tonnes. La combine des spéculateurs consistait à stocker délibérément leur cargaison de bananes au niveau des chambres froides pour les maintenir dans un bon état de maturité et ensuite les écouler à des prix exorbitants. « Face au risque de voir leurs bananes saisies, d’autres importateurs n’ont pas hésité à mettre en vente leurs marchandises. Le marché de la banane a enregistré depuis une nette baisse du prix sur les étals des détaillants, passant ainsi en l’espace de quelques jours de 700 DA à 400 DA le kilogramme », explique à Reporters une source concordante à ce sujet.
Toujours à propos de la banane, notre source estime que la spéculation sur ce fruit exotique s’est multipliée depuis que le ministre du Commerce a décidé d’interdire la vente en grosses quantités de la banane au niveau des marchés de gros de fruits et légumes. Quelques importateurs privés de cette alternative se sont vite mis à stocker les fruits dans des chambres froides dans l’attente de les écouler par petites quantités, rendant ainsi l’offre sur le marché en deçà de la demande et, par ricochet, provoquant une surenchère qui a vu le jour à telle enseigne que la banane était proposée au prix exorbitant de 700 DA le kilogramme alors que sur les cours mondiaux elle était côté à un euro/kg.
Pour revenir à l’appel de l’Apoce de boycotter la pomme de terre, on peut avancer qu’il risque de connaître un faible taux de suivi, compte tenu de la place qu’occupe ce légume dans le quotidien des ménages. Si besoin est, ils vont réduire leur volume d’achat et les prix élevés vont se maintenir à moins que les acteurs du marché de la pomme de terre reviennent à la raison, celle de réduire leur marge bénéficiaire. Ce qui n’est pas évident tant les intermédiaires sont nombreux dans le circuit de la production-commercialisation du tubercule. n