Pour donner du poids persuasif à son projet de loi sur la santé et arriver à convaincre le commun des citoyens algériens, le ministère de la Santé a fait jouer  le principe des soins gratuits au profit de la population que consacre le nouveau texte dans le respect de l’ancienne loi datant de 1985.

Ce qui n’a pas pour autant empêché les partis de l’opposition  de monter au créneau pour affirmer que cette gratuité qui caractérise le système des soins en Algérie est loin d’être une vérité dans les détails d’un projet acquis plutôt au secteur public qu’au privé. Et les députés issus de ces partis n’ont pas manqué de mettre en garde contre l’approbation d’un texte qu’ils considèrent être venu pour porter un coup fatal au fondement cardinal de la politique sanitaire dans notre pays en s’en prenant au système de la santé publique et en ouvrant la voie des privilèges à ceux qui font la promotion du secteur privé. Mais, comme de coutume, depuis que l’Assemblée populaire nationale fonctionne en mode  pluralisme, un projet de loi, comme d’ailleurs tout  autre projet en provenance du gouvernement, ne peut passer par le vote des députés sans être plus que certain de jouir de l’approbation, sachant que ces derniers sont largement majoritaires à représenter l’Exécutif au niveau de l’hémicycle de Zighout Youcef. Leurs voix réunies ne  pouvant avoir d’écho, ni de portée dissuasive face au « oui » assourdissant de la majorité, les opposants au projet de loi sur la santé auront tenté  de recourir à l’arbitrage  du président de la République en comptant sur ses prérogatives pour qu’il le retire carrément. Mais avec d’infimes chances de faire aboutir leur appel. Car, si le texte, vieux du temps de l’ancien ministre du secteur, a été ressorti du tiroir, et  a  subi une opération chirurgicale qui ne fait pas consensus, il est fort improbable qu’il ne passe pas le cap de l’APN et évidemment après le Sénat, comme le veut aussi la coutume au niveau de la Chambre haute du Parlement.
Et au bout des débats et de la consécration d’un projet de loi fortement contesté, la gratuité des soins risque de coûter encore plus chère qu’elle ne l’a été auparavant dans le système de santé en Algérie.