La préservation de la mémoire par la société civile dans la région de Cherchell n’est pas un vain mot, puisque le bureau du quotidien El-Watan de Tipasa, en partenariat avec l’association « Le Fort de Cherchell», organisent, aujourd’hui samedi 13 juin, une journée de recueillement et de souvenir au cimetière de Cherchell ainsi qu’au pied du Pic de Menaceur, dans la daïra de Sidi Amar, où sont enterrés des martyrs, des moudjahidine et des personnalités du mouvement national. Cette initiative, en ces temps de vaches maigres en matière culturelle, apprend-on auprès des organisateurs, rendra hommage à deux enfants du pays, en l’occurrence le chahid Noufi Ahmed, connu sous l’appellation « Si Abdelhak », et le moudjahid Ghebalou Ahmed, dit « H’mimed ». Elle s’inscrit « dans le cadre des activités de l’association « Le Fort de Cherchell», une dynamique association locale regroupant des universitaires, soucieux de la préservation du patrimoine, historique, littéraire, archéologique et culturel. Selon nos interlocuteurs, la cérémonie débutera à 09H au cimetière de Cherchell, avec un recueillement sur la tombe du chahid Noufi Ahmed dit «Si Abdelhak» (1932-1957), un martyr connu pour ses actions héroïques dans les différentes zones de la Wilaya IV, allant de Menaceur jusqu’aux confins de Damous. Il a infligé de grosses pertes matérielles et humaines dans les rangs de l’armée coloniale française, jusqu’à sa mort sur le champ de bataille dans la zone de Lalla Aouda. La vie et le parcours historique de ce martyr gagneraient à être connus par la jeune génération, quelquefois oublieuse et déconnectée par rapport à l’histoire de son pays. Les organisateurs se rendront, par la suite, dans la commune de Menaceur (daïra de Sidi Amar) au pied du Pic de Menaceur pour se recueillir sur la tombe du moudjahid Ghebalou Ahmed dit «H’mimed» (1936-2016). Le défunt moudjahid a fait partie des 11 premiers lycéens, dont Amara Rachid, choisis par Abane Ramdane pour rejoindre le maquis, avant l’appel du 19 mai 1956 sous la direction éclairée de Tahar Gaïd qui était le coordinateur des 5 cellules clandestines des jeunes à Alger. Selon Mhamed Houaoura du bureau d’El Watan, « les deux hommes avaient été chargés par les chefs historiques de l’ALN, en l’occurrence Amar Ouamrane, Dehilès et Oussedik, de l’organisation et du maillage des maquis de la partie Ouest de la Wilaya IV, allant de Menaceur jusqu’à Damous, avant la tenue du Congrès de la Soummam au mois d’août 1956. Pour immortaliser l’événement, l’association « Le Fort de Cherchell » réalisera une vidéo de ces deux enfants de la ville de Cherchell, afin que leur sacrifice soit mieux connu et ne tombe pas dans l’oubli.
D. S.