Pays non exportateur, parce qu’il n’exporte que des matières premières, l’Algérie réussira-t-elle à changer et à évoluer sous un statut différent? Le constat est connu et convenu : les gouvernements qui se sont succédé ont tout essayé pour faire avancer le secteur agricole.

Il n’en est rien, au final. Que faire ? Une révolution dans le secteur agricole relève-t-elle du possible ? Les plus optimistes estiment qu’il faut changer de méthode, quitte à copier ce qui marche le mieux en matière agricole dans certains pays développés, mettre à contribution les moyens de l’Etat. Aujourd’hui, l’Etat, dont le rôle est naturellement essentiel que ce soit en matière de régulation, de législation et de réglementation ou de soutien aux différents programmes de développement, est présent dans le secteur agricole. Mais pas assez. Les plans de développement mis en chantier, ces dernières années, n’ont pas bénéficié de suffisamment de suivi. Prenons, par exemple, le cas du Plan national de développement agricole et rural. En théorie, ce programme est conforme aux exigences climatiques et autres considérations plus larges. Il s’agit en fait d’un plan spécifique et complémentaire prenant en compte les contraintes agro-climatiques, notamment l’aridité du climat, et l’amélioration des conditions socioéconomiques des populations rurales. Il s’appuie sur un ensemble d’éléments : programmes de développement des productions agricoles (filières), englobant aussi bien les produits de large consommation que les produits à avantages comparatifs avérés destinés à l’exportation ; programme d’adaptation des systèmes de production aux conditions agro-climatiques ; programme national de reboisement, outre les objectifs visant la restauration du patrimoine forestier et la protection des sols contre l’érosion. Il vise également, à chaque fois que cela est possible, les boisements utiles et économiques, la mise en valeur des terres par voie de concession pour étendre la surface agricole utile et la création de nouvelles exploitations…
Certes, l’agriculture a fait des avancées réelles et significatives. Et les chiffres mis en avant à l’occasion des assises nationales sur l’agriculture le montrent amplement. En 2016, la production agricole a représenté près de 3 000 milliards de dinars contre près de 360 milliards de dinars en 2000, une hausse qui a contribué à l’augmentation de la part du secteur agricole dans le Produit intérieur brut (PIB), passant de 8% en 2000 à 12% en 2016. Cette augmentation sensible de la production agricole exige toutefois le renforcement des capacités nationales dans les secteurs de la transformation, la conservation et le stockage pour valoriser le produit agricole, et ce, à travers davantage d’investissements dans les industries agroalimentaires, qui représentent, selon l’Agence nationale de développement des investissements (ANDI), 16% des investissements enregistrés en 2016 et 2017. Mais on est encore très loin des objectifs ambitieux fixés dans le cadre de ce plan. Les chargés des réformes agricoles ne perdent pas pour autant espoir. Ils promettent de corriger certaines erreurs commises et donner certaines impulsions au secteur, parce que la conjoncture les y pousse. Ils mettent ainsi en avant le défi en termes d’amélioration de la productivité, d’utilisation rationnelle des ressources (humaines et naturelles), de valorisation du potentiel productif existant, de structuration et d’articulation de l’ensemble des composantes des filières. Sur le terrain, les agriculteurs demandent des moyens et veulent produire plus et encore mieux. Ils souhaitent que les pouvoirs publics fassent en sorte que les engagements pris se traduisent en actions et résultats sur le terrain.